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Apocryphe de Skelos
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Sur ce, bon jeu !



 


Mémoires de l'Anachorète

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Sam 24 Mar - 15:29
XXV. Le jour du tourment



La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée ; aussi bien celle du sang que celle de notre  propre vie en lieu conjoint où l'expérience de nos ancêtres et la notre se rejoignent. Dans nos expériences il y a les victoires et la force mais il y a la douleur, le sacrifice, la haine et le dégoût de soi-même ou des autres. La mémoire du dégoût est toujours plus grande que la mémoire de la tendresse -si tendresse il y eût un jour...- ! Heureusement -ou non- le Temps comme le rêve, dilue les couleurs ; ainsi la mémoire est comme un portrait exposé au soleil. Qu'advient-il alors, lorsque cette mémoire n'a pas bénéficié du temps à son crédit pour diluer ses couleurs, trop vives ? Passions, douleurs et leurs cohortes de tourments sont alors réunies comme si elles avaient été infligées hier. Le poids des choix, lui aussi, et des sacrifices, s'applique plus durement alors qu'il semble avoir déjà été payé par le passé. J'ai toujours eu le choix...
Celui qui a le choix a aussi le tourment éternel. Cependant, le tourment chez certains est un besoin, un appétit avide, et un accomplissement. Partout ceux-là se sentent diminués, sauf en enfer où ils règnent. Ygväsdr est de ceux-là, je suis de ceux-là, que se soit par accomplissement ou par avidité... Nous ne nous épanouissons en vérité, que lorsque l'on descend dans les flammes, lorsque l'on marche enfer ou que l'on hurle au cœur de la Tempête ! Notre plus grand tourment dans l'existence vient aussi de ce que nous sommes éternellement seuls, pour un tas de raisons ; et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude tout en la chérissant. La meilleure façon de recouvrer la liberté, c'est de rompre les chaînes qui blessent le cœur et de mettre un terme à son tourment. Certains disent que l'amour le permet. Le permet-il ?

Il a marché dans les flammes, est descendu en enfer pour venir me chercher. Je me souviens de certains regards aux reflets de l'argent qui sont venus fendre mon âme et ma chair... C'est étrange de considérer que je me souviens de toute ma vie -ou presque- dans un ordre cohérent. Ce qui est douloureux c'est d'avoir la sensation de se souvenir de façon fraîche des choses vielles de plusieurs années dont les couleurs auraient du passer. Ygväsdr m'a dit « Tu te remets vite. » quand j'ai parlé de politique et de mon entretient avec le Serpent d'Argent. C'est faux, je ne me remets pas. Je fuis en avant.
Je suis atteinte d'une mélancolie profonde et mordante qui me ronge avec sa dent maudite comme des rats grignotent une bibliothèque. C'est un grand vide sournois qui n'a rien de celui que j'embrasse, comme si parfois ma substance coulait de moi pour s'enfuir emportant ma force. Même pas une vrai douleur, il s'agit là d'un état flottant et mortifère, comme un feu qui brûle au ralenti et menace de s'éteindre. Je me suis remplie d'une tristesse pénible et lourde comme le plomb de toutes les épreuves et toute la fatalité d'une vie en un seul moment et en des centaines. C'est une eau stagnante. Il sait.

Mieux vaut que je me consacre à ce qui m'entoure alors plutôt que de plonger dans cette mélancolie sordide et ce tourment avide. J'ai besoin de victoire, de rire, danser et de faire l'amour ! J'ai besoin de me réjouir d'être sûre d’avoir recouvré mon savoir. Je m'inquiète pour l'esprit tourmenté d'Ygväsdr, j'ai un démon à surpasser, la destinée de Naïm a trouver, des alliés à me faire à nouveau, retrouver mon clan, un départ à préparer -pas le mien-. Je n'écouterai pas le conseil de Thorgaros : « Prends soin de toi et pas des autres ». Il se trompe sur mes intentions et mes raisons de prendre soin de ceux qui m'entourent, mais surtout, il ignore tout de la nécessité que j'ai à ne pas m'attarder sur moi-même. Il est aussi de ceux qui entendent la solitude les grignoter et lutte contre elle en silence comme un acte désespérément humain. Nous versons le sang pour remplir les vides avec de la fébrilité. Il est de ceux, les rares, qui durant mon égarement ont pris soin de moi. Je suis reconnaissante. Plus encore quand je considère ce que m'a fait Gladius celui qui était mon ami et que j'aime. Je me souviens de Thorgaros comme un nouvel ami, mais tout aussi ancien, un ami d'il y a longtemps et d'aujourd'hui ; comme je me souviens d'Ygväsdr depuis presque toujours comme celui qui a tout bravé pour ne pas m'abandonner... Aujourd'hui je peux dire : « C'est comme si je te connaissais depuis toujours, comme si je t'avais reconnu. » La destinée est curieuse... Il me faut goutter l'ironie avec satisfaction si je ne veux pas sombrer dans un fatalisme assassin à ce sujet également... La lassitude de Morcant est-elle contagieuse ? Où est-ce ma propre mélancolie qui me pousse à l'indolence ? J'ai tellement à faire, tellement à porter et qui sait bientôt s'il ne faudra pas que je nous guide au travers de la Tempête en reprenant la tête ? Si c'est le cas comment le pourrais-je ? Comment le ferai-je ?

A peine m'a t-on ramenée du Gouffre terrible et implacable que déjà Naïm me harcèle. Le sujet était important alors je me suis étendue et épuisée en patience, en endurance et en complaisance bien qu'il ne l'aie pas vu ou ne puisse le voir. Pourtant j'aurais voulu arracher sa peau à chaque phrase par moment ! Ce qui l’intéresse ne m’intéresse pas et inversement. Il veut un mode d'emploi, une explication, une recette à sa propre mutation qu'on est sensé lui livrer et lui donner déjà prête ! Ça m'est insupportable ! La réponse réside en chacun pas dans l'expérience de l'autre. C'est à lui de trouver sa voie et de renouer avec lui-même ! Si un autre lui donne des explications et des faits cela ne marchera pas : voilà la vérité du chemin mystique. Il prend chacune de mes explications comme un refus de l'aider alors que je me tue à expliquer qu'il est en son seul pouvoir de s'aider lui-même et que c’est en cela que je lui montre la voie ! Veut-il au final que je ne dise que ce qu'il lui plait d'entendre ? Je crois que c'est ce que je vais finir par faire ; ou vais-je, écrasée par le poids, finir par ne plus rien dire du tout... A personne...

De plus, le voilà qui me pique encore et encore réclamant une méthode au sujet du démon lié à l'âme de l'homme qui m'accompagne ! S'il est un sujet dont je n'avais pas envie de parler c'est bien celui-là à peine revenue de l'horreur...  Oui il existait des zones d'ombre c'est vrai, des choses à mettre dans l'ordre, mais le temps est un allié pour cela et l'empressement fait faire des erreurs de jugement. Je n'ai pas droit à l'erreur ! Comme à moi, peut-être fallait-il à mon Homme du Froid le temps de remettre lui aussi ses pensées dans l'ordre ! Qu'on le laisse tranquille ! Je n'avais rien de nouveau à dire à Naïm Aka Dua malgré son insistance à ne rien vouloir entendre, à vouloir avoir une prise, à vouloir s'infiltrer pour se donner une nouvelle occasion de s'explorer -je ne le blâme pas- et surtout à vouloir s'investir de la mauvaise façon imaginant que s'il avait une explication il aurait la maîtrise de ce qui l'entoure ! Erreur !
J'ai envie de hurler à les voir et à les sentir tous, frapper contre mes flancs comme mille coups de bâtons à chaque mot ! Ils sont là à toujours exiger plus de patience, plus d'explication, plus d'investissement, plus d'abnégation ! ce ne sont que des charognards aujourd'hui qui rongent les os ! J'ai mal ! Je ne peux pas me permettre de rendre visible au monde le fait que je suis à genoux alors je me tiens droite debout et je ris !

Même si je voulais prendre le temps de respirer, de me remettre, je ne le pourrais pas. Je ne peux pas m'autoriser de flancher ou de m'arrêter. Le vent apporte le son d'autres tempêtes, encore et toujours. Les serpents sifflent à mes oreilles. La prophétie suspend sa lame en pendule au-dessus de nous et ne semble pas vouloir tomber, maintenant la pression. J'attends mon frère ! Je l'ai senti dans le Gouffre et il m'a gardé de la terrible morsure des chaînes du Feu du Dieu ! Je ne saurais décrire les impressions et la souffrance d'une seule seconde plongée dans une éternité de brûlure absolue. Moi qui croyais connaître la Douleur... Maintenant, je sais ce qu'est la Douleur. Yog m'enseigne toujours. Je ne me plains pas. Je me tais et j'apprends.

Je reste solide et immuable dans l’Éternité, à travers le vent. Le Capitaine va sombrer, je le sais, je sens la mort l'approcher. Il est parti se préparer et j'ai promis de pleurer mon ami, de garder son Nom avec moi et de le confier à l’éternité au cas où, j'ai promis de lui fabriquer la meilleur paire de bottes que je pourrais pour qu'il puisse parcourir la Lande Grise sans faiblir et atteindre...

*le texte s'arrête et le papier se gondole sous quelque taches d'eau qui diluent l'encre.*
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Sam 24 Mar - 16:27
XXVI. Le jour de la Pierre



Mieux valait-il reprendre cela sans s'égarer.
Avoir les idées nettes, s'ancrer dans les perspectives ! J'ai un rituel à préparer avec beaucoup de sérieux et de concentration. L'erreur dans ce cas est pire que mortelle. Je le savais déjà mais maintenant j'y vois plus clair ! J'ai au moins un plan... Je me souviens que lorsque j'étais dans les sectes obscures du Zingara j'ai réglé et orchestré l’invocation d'entités anciennes et redoutables ou de leur rejetons. La méthode la plus sûre était toujours de les forcer à posséder un hôte physique. Il est curieux de s'apercevoir que certaines choses qui n'ont rien d'humaines peuvent découvrir avec le ravissement terrible de l'innocence notre condition : peur, douleur, impuissance... Mais celui que nous combattons connaît parfaitement le monde des hommes ; maître des masques et de la duperie qu'il est ! Je suis loin d'être désarmée même avec ce foutu bracelet qui me contraint ! Dans un corps humain, pourvu lui aussi d'un bracelet nous serons à armes égales. Les sacrifices de sang paieront la débauche de pouvoir qu'il faudra, et les cercles, les glyphes et des chaînes de fer et d'argent assureront que le possédé soit lié par le nombre de fois qu'il faudra ! Je choisirai le bon hôte, un hôte dont la nature ira à la lutte contre les illusion... La dague, espérons le devra être maniée par une main sûre. Pas la mienne, pas celle d'Haxjagare ! Sur cela je ne suis pas encore fixée. Fortuna/ Akhen-Ré pouraient ? Thorgaros peut-être ? Il faudra choisir entre l'esprit éclairé double de la chance et la force accompagnée d'une sage ignorance...
Ces entités ne peuvent être mises à mal que par des armes magiques et nous avons, même en l'absence de la dague d'Ibis, de nombreuses possibilités ! D'autre part, cette chose du nord manque de chance ! J'ai ma mémoire et je me rappelle les mythes contés par mon frère hyperboréen mais surtout surtout, le Nom véritable d'Ymir et ses invocations dans le Livre d'Eibon ! Le signe et le Verbe... J'apprends, bientôt je saurais. Je me rends compte que le nord appelle et ce n'est pas pour rien ! J'irai lire dans la mémoire des pierres, ces mêmes pierres qui dans les monts enferment des monstres séculaires et les enchaînent à un sommeil éternel !

Je m'en fait pour l'Homme du Froid qui crève avec la chaleur. Il s'élime. ce qui m'est arrivé lui a porté un coup plus dur que je ne l'aurais cru. Il redoute l'Amas de Ténèbres et il a raison. Avec cette chose, la terreur peut prendre corps. Je n'ai pas dis le nom de son père à Ygväsdr car le crains que le prononcer ne fasse qu'accentuer son influence sur l'esprit de celui qui a mon cœur. Je l'écris ici : Nyogtha ! La Chose des Cavernes ! Je n'ai pas dis non plus que la chose est particulièrement à son aise dans les cavernes obscure reliées au monde souterrain... Que c'est aux abord de ces conduit qu'on l'invoque. S'y confronter est-il la solution ? Je n'ai encore jamais vu l'homme reculer mais je reconnais la folie quand elle voile l'esprit. La voir dans ses yeux me fait mal, il a été terriblement éprouvé. J'ai une solution, ou du moins quelque chose qui peut aider. Je me souviens du Signe : celui qui éloigne les Dieux Extérieurs, les Anciens et leurs rejetons aussi bien qu'il ralenti ses serviteurs ! Je lui enseignerai et je viendrai chez lui graver chaque linteau jusqu'à épuisement si nécessaire !

Je suis allé voir Nesiris. Mon avis autant que mes ambitions à son égard ont changés ! Nous avons des points communs qui, dans les temps qui arrivent, devraient être exploités à leur plein potentiel ! Pour cela, il me faut bien reconnaître nos ambitions avortée, nos échecs et notre solitude abandonnée, l'influence que nous avions, que nous avons perdu... Celle que nous pouvons retrouver si nous jouons du même côté ! J'ai senti le vent mauvais arriver du clan des Hyènes du désert. J'ai décidé de lui en parler. Grand bien m'en a pris ! Nous avons là aussi de quoi nous octroyer au moins quelque visibilité sur ces zones d'ombres !
Une chose est tombée à mon oreille quand j'ai expliqué à Nésiris ce qu'était, en réalité le Bateau du Capitaine, et pourquoi... Thorgaros, qui voit sa solitude approcher avec la disparition de Frigg, la folie de Gladius, la retraite de Morcant se dresse et dit qu'il portera pour nous... Peut-être est-ce à envisager, mais je suis prête à prendre aussi bien la couronne que l'épée si c'est nécessaire et à rester le guide ! Nesiris et moi avons trouvé un accord, sa pérennité est laissée au témoignage du Temps et à Son jugement. La marée monte et elle descend, les choses sont en perpétuel mouvement, ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est peut-être pas demain. A l'inverse ce qui était hier ne l'est pas aujourd'hui. Laissons nous, à elle, à moi, aux autres, une chance de reprendre force !

J'ai décidé de ne rien faire pour Gladius, ni même contre lui. La douleur vive et cinglante dans mon cœur des mots terribles d'un homme que j'aime comme un ami, comme un amant et comme un frère m'ont écorchée. Mais cela n'est rien à côté de l'abandon qu'il m'a fait subir. Gladius est heureux de ma présence et de mes conseils quand cela lui donne force et courage, quand je l'accompagne. Il sait venir m'embrasser et me remercier d'être à ses côtés malgré le mal qu'il me fait, toujours. Il sait être sur mes talons pour mon bien allié à son propre crédit lorsque je pourrais m'en sortir seule. Mais le pardon Gladius n'achète en rien la grâce ! En revanche où fut-il lorsque j'ai eu besoin de lui plus que jamais, lorsque mon esprit prisonnier des cris et de la rage du Kush a appelé au secours un homme de confiance ? Le seul que je savais être un ami pour avoir partagé la chair avec moi ! Le seule que je croyais de ma famille ! La seule fois de ma vie où j'ai appelé au secours. Après cela, plus jamais ! Il m'a congédiée refusant de me répondre, marchandant ma propre vie au prix de sacrifice, préférant à moi -tout ce que je suis, tout ce qu'il savait ! - des vexeries mesquines et un orgueil déplacé. Il a finit par faire son choix.
J'ai parlé avec Thorgaros de cette douleur comme une aiguille dans mon flanc, à demi mot seulement. Il m'a dit que Gladius mourrai seul après avoir fini chasser les seuls amis véritables qu'il eût. Je lui souhaite de mourir comme son frère de clan le dit, plutôt que d'errer solitaire après les avoir tous tué de ses mains sans jamais pouvoir s'éteindre lui-même ! Il est en train de se maudire tout seul...

Cela fait, j'ai une troisième raison de retourner au Nord : une forteresse a poussé sur la berge du barrage et je ne sais pas à qui elle appartient ! Ygväsdr a dit qu'il viendrait avec moi, parler à ce clan inconnu ! S'il s'agit de nordiques et si le Prophète du Gel peut y avoir quelque influence alors se sera bien. J'ai demandé s'il rêvait à nouveau d'un clan. Je sous entendais qu'il pourrait bien rêver à nouveau d'en diriger un malgré ce que nous savons maintenant sur son passé, dans sa mémoire. Il a apporté une réponse curieuse n'estimant pas temps de partager ses idées avec moi. Devient-il architecte pour murir ainsi quelques plans et les laisser pousser ? Je me tais, et j'attends, ici j'ai toute l'éternité.
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Mar 17 Avr - 18:44
XXV. Le Jour sans espoir



Même sans espoir, la lutte est encore un espoir. L'espoir est dangereux. L'espoir peu rendre fou un homme. L'espoir est une mémoire qui désire mais en vivant d'espoir on meurt de désirs inassouvis... Je n'ai ni espoir ni désespoir. Il les emporte avec lui. Moi, je n'ai que la fatalité et la foi : deux choses faites de certitudes.
Il n'y a pas de fatalité extérieure, pas de fatalité qui vienne d'un autre, ou des dieux ou de l'univers lui-même... Mais il y a une fatalité intérieure : elle née, se met à exister et devient réalité à la minute où l'on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige. La fatalité triomphe dès l'instant où l'on croit en elle. Elle est l'excuse des âmes sans volonté, celles qui disent n'être que témoins de son passage ! Moi, j'ai foi et je ne crois pas dans la fatalité, je crois dans la volonté car elle est l'expression faite Homme du Destin.


Il est ironique de constater comme, dans ce journal ; je n'écris que lorsqu'il ne se passe rien de très intéressant. En revanche lorsque nous ployons sous les difficultés et les marées, ses pages muettes restent désespérément vierges... Il me fallait faire un pause, poser même rapidement ce qui a marqué le passage du temps dans mon existence. Et ô dieux, je suis marquée... Je ménage mon esprit pour qu'il ne se fendent pas dans la folie sous la perte et tout ce qui m'échappe comme du sable entre mes doigts. Je profite de ma veille car poser ma mémoire sur le papier est devenu une vieille habitude dont je ne saurais plus me défaire.

J'ai repoussé l'Amas de Ténèbres et fait gagner à l'Homme du Froid un repos précieux ! Une forteresse de l'esprit contre les choses d'au-delà ! J'ai utilisé l'ancienne magie Zhemri et celle des Runes du nord Noms et Signes en ces terres. J'apprends vite, et j'apprends bien et cela est plus que salutaire. Plus que le savoir, j'attire la connaissance et j'en use jusqu'à la corde tant les nécessités sont grandes ! Les Runes parlent ! Othala parle et j'écoute ! Othala est le Cycle, l’Éternité du Temps, le Tout et Un et je connais ses enseignements dans ma propre Chair. Ygväsdr me l'a montré et il m'a fait gagner beaucoup de temps ! Il n'imaginait pas, alors, à quel point cela aurait de l'importance !

Naïm est tombé.
Comme il vécu, dans le silence d'une neutralité mortelle et illusoire, sans laisser de trace. J'espérais ardemment qu'il suive mes conseils, que cela lui aurait montré une voie inexplorée. Ce ne fut pas le cas, je crois que le Père des Péché l'a repris comme il le lui a demandé. On a toujours ce que le souhaite... Et à chaque fois, cette phrase me hante comme une épée au-dessus de mon cou. La disparition de Naïm a eu un échos inattendu dans ma destinée, la solitude que j'ai reconnu en Nesiris, cette solitude amère, résolue et abandonnée à la fois quand elle a le goût terrible de l'effondrement. Femme, je t'aime.

Morcant est tombé.
Assassiné lâchement. Pourtant, le Prophète du Gel et moi avions ramené le Capitaine à la barre. Hélas espoir vain, le ver était dans fruit malgré l'avertissement du Géant du Gel et l'ami que j'aimais est parti, emporté à jamais. Je rage et je pleure encore de ses accords avec le Tertre car pour réparer l'affront fait aux morts pour avoir intercéder en faveur de Gladius, ils s'est donné à eux, renonçant à la Lande pour toujours. Ygväsdr et moi sommes les seuls à avoir compris les raisons de mes larmes et de mes cris déments lorsque son corps s'est enflammé ! Ils ont tous honoré son départ, emporté par les spectres vers les tertres comme une chose magnifique ! Moi je sais qu'il reste prisonnier, privé à jamais de repos ! J'ai mal. Frère des Morts, j'ai remonté ton autel, toi qui nous a laissé sans intermédiaire. Je t'aime et je t’honore, je porte ta mémoire comme j'ai promis ! Je lègue ton Nom à l’Éternité comme j'ai promis ! Et je prend ta tâche pour ceux qui veulent parler ! Je t'offrirai ces bottes que je t'ai promis !

Gladius est tombé.
Le Héraut invincible du Serpent m'a fait mentir comme toujours et j'en suis heureuse. J'aurais juré qu'il mourrait seul après avoir chassé tous ses amis, ou qu'il serait privé à tout jamais de repos errant après les avoir tous tués... Il est mort entouré dans la gloire de son nom, vainqueur dans sa mission. Je me réjouies. Il est difficile d'avouer en toute honnêteté, que je suis affligée et soulagée à la fois de ce départ. Sa mort enlève un poids considérable de mes épaules et je me réjouis de pouvoir consacrer mes efforts ailleurs... C'est cruel de ma part, mais il m'est arrivé de souhaiter bien des fois être débarrassée de lui. On a toujours, ce que l'on souhaite... J'ai mal. Je l'aime toujours, pourtant. J'enrage de n'avoir, comme je l'avais promis, accompagné sa destinée jusqu'au bout. Je n'aborde pas le sujet avec Thorgaros, ça m'est impossible. Je sais qu'il t'a enterré avec le Recours de Kukulkan, quelque part où on ne te trouvera pas. Je n'ai pas besoin qu'on me le dise. Ton corps a disparu bien trop promptement pour n'avoir rien à cacher ! Moi je saurais te trouver, je le sais peut-être déjà mais j'ignore le savoir...

Le Dévoreur est tombé
Les Portes sont fermées ! Voici la pire des nouvelles : le cataclysme annoncé. La voie est close vers le Vide Extérieur, vers le pouvoir de la Porte Ultime, vers le Gardien de la Porte d'Argent, vers l’Éternité et l'Ascension... perdant cela, je perds tout ! Cette fermeture résonne dans ma chair comme le déchirement de mon propre corps ! La douleur est si infâme qu'elle ne saurait être décrite. La solitude si grande qu'elle donne le vertige ! Le plan terrible du Ver a été amené à son terme et bien qu'il fût défait, son rituel a échappé à tout contrôle ! Une faille terrible absorbant l’énergie du Maître du Vide a scellé notre sort ici : prisonniers à jamais, coupé de la voix des Dieux ! Horreur... Il reste une chance car le dernier signe de la prophétie s'est accomplie et il apporte avec lui la possibilité de corriger cela ! Si le Maitre des Cycles m'a renvoyé sa clé, c'est que j'y peux quelque chose ! La Tisseuse tisse et accomplira la Destinée !

Mon frère est rentré !
Dernier élément de la Prophétie, Calenzhar le Faucheur, Fils du Dieu Mort, Porteur de la Flamme du Vide, Chevalier du Vide Extérieur ! Alors qu'un ami est tombé et que le Prophète du Gel m'a été retiré, mon frère est rentré. Il vient avec le Cycle et avec l’Éternité, sans cela, je trébucherais probablement. Avec lui m'est revenue la foi et les certitudes qui menaçaient de vaciller alors que le Feu du Dieu s’éteignait dans ces terres maudites ! Il est venu avec la connaissance, la vision des cycles et j'ai pleinement foi en lui qui m'a toujours soutenue, défendue et portée ! Ô frère, que ton bras soit redoutable et ton esprit affûté ! J'écoute ta voix et tes sages paroles même hachées, mâchées, toi qui fut avalé et recraché mille fois par la Bouche de la Folie jusqu'à venir à moi ! Je ferai ce qui est en mon pouvoir pour recoller les morceaux brisés de ton esprit. Je suis là, tu es ma chair, je suis ta chair... Je ne trébucherai pas !

Ygväsdr est toujours là, quelque part suspendu dans le temps.
L'épreuve et les combats, l'atrocité de Son apparition ont envoyé mon Homme du Froid dans un recoin de sa chair où je ne peux l'atteindre... Il luttera, il n'est pas homme à renoncer. Le démon a refait surface réclamant un du déjà payé de longue date. Il me craint et le sang des Zhemri l'a fait reculer jusqu'à abattre cette carte que je crois être sa dernière. Je suis d'autant plus prudente qu'il est acculé ! En dernier recours contre moi contre nous, il a refermé le verrou si chèrement ouvert... J'évite de penser à la responsable de cela, je n'ai pas besoin de rancune inutile à traîner sur mes épaules en plus de mes autres charges : l'autel des morts, le rituel, le maintient du nord, le retour du Chevalier du Vide Extérieur, ramener à nous le Prophète du Gel, vaincre un démon sur un terrain périlleux... Je passe le plus clair des moments qui me sont accordés au chevet d'Ygväsdr et à ses soins. Je confie son repos, lorsque les choses m'appellent d'urgence à ma sœur Xin Tua. J'ai tant à faire. Les préparations sont nombreuses, coûteuses et épuisantes en logistique et en réflexion ! Ironie, nous sommes accueillis dans la maison de la Voix des Morts et il gît dans le lit où Morcant fut égorgé. Je le récupérerai dans les conditions les meilleures, pas dans une condition où la mort serait plus souhaitable ; position dans laquelle le démon va assurément tenter de me mettre. La chose goutterait sûrement avec une jouissance malsaine que je doive mettre fin moi-même à ses jours face à mon échec, ce à quoi je suis déjà préparée. Mais d'échec il n'y aura pas ! S'il respire, si sa chair lutte avec moi alors, je le ramène. Je suis forte. Je gagne. J'ai la volonté. Je gagne. J'ai foi. Je gagne.

Mon plan est bon, établi et calculé de longue date ! J'ai accumulé depuis des lunes un à un tous les éléments avec force de travail ! La plupart des calculs sont déjà prêts, c'est ce qui a occupé mon temps lors de mon repos au Lac aux Reflets... J'ai commencé par éliminer de l'échiquier les problèmes de politiques qui me ralentiraient. Même aveugle et terrassée par son état et le schisme avec ma divinité, je me suis tenue debout, sur mes deux pieds dans le nord ! Ensuite j'ai recouvré mes moyens et me suis attelée à une expédition afin de débusquer les gemmes de l'Alchimiste. Je vais avoir besoin de son montage et de Nesiris ! Wynn, le Vanir, m'a procuré ce que je voulais sans forcément l'avoir compris. Cela m'a imposé une logistique lourde qui m'a pris du temps, mais c'est pour mieux en gagner plus tard ! Je suis prête à m'abaisser à n'importe quoi devant n'importe qui si cela sert mon objectif. J'espère pour le Joueur de Flûte que je ne serais pas forcée de me remettre à genoux devant lui... Mon humiliation volontaire ne durera pas.

Je descends dans les flammes ! Je retrouve celle que je fus, puissante et assurée, comme quand j'étais au Zingara ! Solide et impossible à arrêter comme j’étais au Kush avec ma tendre sœur ! Sournoise et redoutable comme je fus dans toutes les cours, chez les nobles et chez les marchands !  Je suis le Seigneur du Crépuscule d'Argent ! Je m’épanouis pour deux dans le chaos et l'horreur ! Je me déploie dans la débâcle ! Entends moi Homme du Froid ! Regarde-moi ! Entendez-moi tous ! Je suis debout sur mes deux pieds, je me bas avec un acharnement redoublé car je sais que je gagne ! Nul n'aura raison de ma volonté  ! J'ai avec moi tous mes frères et sœurs passé, présent et futur car nous sommes un ! J'ai avec moi tous mes Ancêtres transmis par le nom d'Adina : Princesse, sang des vielles lignée renaissantes ! J'ai avec moi le Signe et le Verbe ! J'ai avec moi les guerriers et les sorciers vivants ! J'aurais bientôt avec moi les morts et les forces naturelles qui m'appuieront ! C'est une guerre massive que je mène avec fracas et je la gagne ! J'aurais bientôt toutes les armes en mains ! J'ai la Lune de Sang ! J'ai le rituel ! J'ai la puissance malgré la fermeture des Portes à portée de main ! Tous me suivent avec ou sans conscience ! Il ne manque que le sceau !

Aujourd'hui, je conduis, je conduis pour toi, je conduis pour eux, je conduis pour nous et pour l'Ascension ! Nesiris est parmi mes meilleurs atouts ! Je suis presque prête, je fais ce qu'il faut ! Ygväsdr je te regarde, immobile. Tu as dit que tu me veux pleine de hargne, de rage et forgée d'une volonté d'acier, prête à soumettre ce qui se met en travers de mon chemin me voir à la lune de sang ! C'est ce que je suis. Tu as toujours ce que tu souhaite !
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Mer 25 Avr - 20:16
XXVI. Le jour de l'été


Être.
Il n'y a toujours eu que deux questions véritablement importantes. La première « Qui êtes-vous ? », la seconde et qui la suit de près : « Qu'est-ce que vous voulez ? ». Aujourd'hui sais-je encore répondre à au moins l'une de ces deux questions ? Je me sens comme le Gouffre infini sans le Feu. Comme un tonneau vidé quand que le vin fut apprécié. Comme une demeure qui n'est jamais habitée.

Qui suis-je ? Pour qui ? Par qui ?
Il faut Être pour soi-même. Mais si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et si je suis pour moi alors on en revient à « qui suis-je ? ». Aucun des noms que je porte ou que j'ai porté n'est plus moi, et je ne suis plus aucun d'entre eux. Aussi, j'ai bien de la peine à me présenter.

J'aurais pu penser que disposer de mon passé, dans un ensemble cohérent, affûterait mes raisonnements, éclaircirait ma vision du monde. Ma vue n'a jamais été aussi courte.

J'aurais pu croire qu'accomplir les prouesses de sorcellerie que j'ai accompli me rendrait la fierté et la grandeur. Je ne me suis jamais sentie aussi insignifiante.

J'aurais pu imaginer que désormais entourée de mon frère et de l'Homme du Froid je me sentirais pleine. Je me sens seule, je désire la solitude. Mais être seul, c’est s’entraîner à la mort.

J'aurais pu imaginer que recouvrer mon libre arbitre, la pleine et entière responsabilité de mes choix me rendrait ma liberté. Je me sentais libre en étant pleinement abandonnée à lui, aux désirs,  à ma cause... Je ne me suis jamais sentie aussi lourde bien que je n'ai plus la moindre charge véritable car personne n'a besoin de moi...
Être libre, c'est s'exercer à n'être rien. Être heureux, c'est s'oublier, c'est être vide.  Je ne suis plus que la somme des préoccupations futiles qui me remplissent.

J'aurais pu croire que comprendre la réalité de la nature de mon frère me renforcerait dans ma conviction. J'ai Foi dans le Maitre des Demeures Vide et dans notre succès. Mais je ne me suis jamais sentie si inutile !

Mon frère n'a pas besoin de moi, il battit sa tour et je n'y entends rien. Mon clan n'a pas besoin de moi et toutes mes tentatives de nous grouper, de nous rassembler, de nous faire grandir, ont échouées jusque là ! Le Prophète du Gel n'a pas besoin de moi et je m'acharne à me rendre indispensable par égo. Je doute. Être, c'est toujours être à l'instant même et sans douter. Si je doute alors je ne suis plus...
Je regarde dans l'eau du lac des reflets et je scrute mon image pour retrouver la réponse assurée à cette fatidique question : Qui es-tu ? Je ne vois rien. Je ne vois personne et je fais face à ma vacuité inutile. Je me sens inerte.
Être inerte, c'est être battu.

J'ai ramené l'Homme du Froid, j'ai gagné ! Alors que je le veillais quand il était encore prisonnier de son propre esprit, je m'imaginais la joie, le bonheur de le récupérer ; la fierté d'être victorieuse, d'être à nouveau ce que je fus avant ce bracelet ! J'imaginais la fébrilité de constater que je peux tout de même contraindre le monde à ma volonté ! Je me représentais une gloire lumineuse et couronnée ! Quand ce fut terminé, quand il fut debout sur ses deux pieds, je n'ai rien ressenti de tout cela. Juste de la fatigue, de la gène et la sensation terrible d'être déplacée, incongrue et inopportune...

Puisque je ne sais plus répondre à celle-ci je m'interroge donc sur ce que je veux. Toujours la même chose : Être Conscience car Il - Îa ! Yog-Sothoth ! - est Conscience, Pouvoir et Connaissance, Il est l'Univers, l'Infinité du Temps ! Je veux être l'Infini. Être conscience c'est s'éclater au monde. Être -devenir- l'Infini, c'est se fondre dans l'Espace et le Temps en se dispersant dans l'Univers comme des millier d'éclat de verre brisés ! Ici et maintenant, avec mes choix et les Portes close je suis enchaînée au sol. Je me sens désespérément attachée à la terre, emmurée dans ma propre existence, emmurée dans ma mortalité, emmurée dans ma chair !
Ygväsdr se réjouit du beau temps près du lac. Je haïssais la pluie mais je la regrettes car j'avais, au moins, une chose à laquelle m'en prendre pour y attribuer ma propre vacuité. L'été arrive ? Crois-tu ? Si cela est vrai alors tout ce que je pensais être une chance et une bénédiction est erroné. Si tout cela est faux alors rien n'est vrai. Si tu dis vrai alors le temps s'écoule. Si tu dis vrai alors ma présence ici, sur ces terres est bien une malédiction. Si tu dis vrai alors je suis condamnée, aveugle et déjà morte pour toute l'éternité ! Mes passions meurent, mes désires s'éteignent, ma mélancolie me grignote. Paradoxalement je choisis des objectifs bien terrestres... Mais Être c'est créer, pas recevoir la vie. Aussi - et j'ai exposé mes raisons- créer me semble l'expérience la meilleure dans ces perspectives. Je ne trouve pas réjouissant que le temps s'écoule véritablement et pas seulement pour notre perception. Je ne trouve pas réjouissant que les saisons passent.

Et pourtant... Je regarde ma chair, la vie qui coule dans mon sang, la fraîcheur de mon teint, l'énergie dans mon corps. J'essaie de me souvenir depuis combien de temps je suis ici. Je suis ici depuis longtemps... Très longtemps. Il m'est difficile de savoir, de mettre un chiffre sur des été ou des hivers. Le ciel n'a pas de sens, le Temps n'a pas de sens, le climat n'a pas de sens, tout semble triché, confus, artificiel ! Avec moi j'ai ma mémoire et celle de mon sang. J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans et les vieux tombeaux de Stygie cachent moins de secrets que mon triste cerveau ! Ma mémoire  est un caveau qui garde plus de morts qu'une fosse commune ! Et pourtant je ne sens rien des symptômes de l'age. Je sais que la Chair du Rite me garde du passage du temps.

Je suis un cimetière, un champs de ruines cendreux. Je suis une pierre oubliée dans le sable entourée d'un vague halo d'épouvante. Je suis le Seigneur du crépuscule d'Argent et je ne chante que pour les rayons mourant d'un soleil qui se couche et qui trouve jamais l'horizon...
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Mar 8 Mai - 11:22
XXVII. Le Jour d...

*La dernière page du carnet n'a jamais été écrite, son auteur interrompu.
Ces notes, détruites ou cachées, sont introuvables*
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