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Apocryphe de Skelos
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Sur ce, bon jeu !



 


Mémoires de l'Anachorète

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Lun 25 Sep - 8:04


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Mar 26 Sep - 20:00

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Mar 26 Sep - 20:52



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Ven 5 Jan - 17:49



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Ven 5 Jan - 18:14




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Ven 5 Jan - 23:29





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Sam 6 Jan - 0:52
Le jour du Loup

Peu de temps s'écoula mais je m'astreignis à renforcer mon amitié avec le Crocodile. J'étais en chasse quand la nuit me surprit et je tentai de rejoindre mon campement des cascades. Un éléphant ne fut pas de cet avis. Dans ma fuite je repérai un feu de camp et j'espéras que l’animal s'effraierait des flammes alors je courus. Je fis une drôle de rencontre. Elle fut intriguée d'abord puis terrifiée par mon apparence à la lueur de sa torche. Elle finit par se rendre compte que ce n'était pas un esprit animal qui s'adressait à elle, mais un être humain sous un casque d'animal. Elle me demanda mon nom mais aucun n'eût de sens à ses oreilles, alors je lui proposai de m'en donner un nouveau. Naï s'écria t-elle... Elle me dit que dans sa langue natale cela désigne la viande. Elle ajouta que c'est mon odeur, celle du sang et de la chair crue qui lui inspirait cela. Pût-elle tomber plus juste dans cette sagesse muette qu'est l’instinct ?
Je décidai de la présenter à Amon-Sebek, que je lui décrivis comme un grand magicien. Je lui promis de belles batailles si elle me prétait son bras et elle jura qu'elle goutterait toutes les chairs de ce monde. En cela elle me rappela ma sœur disparue, Dekara. Je lui contai alors que cette dernière avait goutté même la chair des démons et des dragons ! Cela attisa cette petite Hyenne à n'en pas douter.

Dominus Nox. Deux mot puissants de sens qui agitèrent mon esprit ces derniers temps. Ma cabane chaleureuse dissimulée entre les arbres enneigés est voisine d'un individu qui me fut mystérieux jusqu'à il a peu. Celui que je nommais en aveugle le Maître de la Nuit, de manière ironique je dois l'avouer, ne se montra pas et resta terré. Sa tanière était aménagée dans une ancienne tour de Basalte dont il avait scellé l'entrée. Excédée par le mystère, je passais souvent devant cette porte noire espérant qu'il en sorte. Plusieurs fois j'attendis en vain. Quelques temps après ma rencontre dans la savane à la faveur de la nuit, je pris sur moi d'entrer en contact avec l'individu. Je laissai un message laconique pour attirer son attention. « Maître de la Nuit, le Vide te vois. » Je reçus pour réponse une mise en garde. Nous échangeâmes ainsi quelques jours pour je me décidai à me jouer de lui pour éprouver ses nerfs.
Je me dissimulai habilement et j'attendis de le surprendre. Quand il fut dehors à portée d'oreilles je l’interpellai ! Il du reconnaître ma voix, ou mon phrasé ; de mémoire ou de réputation, car il m'identifia bien comme la dévoreuse de chair humaine que je suis. Mais je le laissai là après l'avoir obligé sans succès à me chercher dans tous les coins.
Cependant, le loup avisé qu'il fut il prit le chemin de mon campement des cascades vers le sud et m'y retrouva, persuadé à raison que je m'y arrêterais ! Comme il avait déjà ses armes en mains et que j'étais trop près pour user correctement de mon arc, je fanfaronnai faisant mine de ne rien craindre. Peut-être me dis-je, mon absence de crainte l'intimiderait-elle suffisamment ? Cela marcha d'autant plus qu'il m'avait traqué pour me parler, intrigué à juste titre par mon intervention !
Je lui demandai s'il était Némédien, pour avoir utilisé cette expression. Il me révéla qu'il en avait fait usage pour attirer dans ses filets un érudit. C'est bien moi qui fut attrapée à son piège ! Je le forçais alors à me dire pour quelle obscure raison il avait besoin d'un savant ou d'un sorcier. Le loup solitaire jurant par Crom raconta qu'il fut trahis et qu'il se donna pour quête de dépasser en force et en puissance tout ce qui existe ! Alors les autres Cimériens devraient reconnaître sa force, Crom devrait reconnaître sa force ! Tous les dieux et l'univers devraient reconnaître sa force quand il les aurait terrassé et mis à genoux sous sa botte ! L'homme qui voulait devenir un dieu... Voilà qui apporta de l'eau à mon moulin. J'aurais l'usage d'un guerrier comme celui-ci pour explorer les recoins sombres de cet enfer !
Bien que je fourmillais d'impatience à l'idée de révéler cela à mon partenaire en affaires, je ne pus retenir mon désir de le questionner sur une chose qui me frappa dès lors que j'avais croisé son regard : ses yeux... Par deux fois ma chair croisa des yeux tels que ceux-ci. Dans une autre vie, sur le visage d'un homme que j'avais fait embrasser ma foi et qui me confia qu'il était la progéniture d'un humain et d'une démone succube tentatrice. Et bien avant ma renaissance... Yielka eut un petit frère, Zuko. Zuko avait ces yeux là. Zuko Lemrak fils de Drago Lemrac et de Janna, né d'un sombre pacte passé à la nuit sans lune dans les collines de Daggoth ! Progéniture du démon...
Mais le loup nommé Ragnar m'assura – à ma grande déception- qu'il n'avait connu ni son père ni sa mère mais qu'une légende parlait de ces yeux là : la marque de la Lune Noire !

Le guerrier me quitta et me promis son bras et son épée contre mes réponses -non sans se méfier d'une trahison prochaine. Je lui extorquais sa parole de me raconter la légende de la Lune Noire ! Lorsqu'il tourna le dos, je filai interroger Sebek à ce sujet, au cas où le savoir du Stygien s'en rappelât quelque chose !
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Mar 9 Jan - 21:48
Le jour de la détresse affamée

Lors d'une expédition du côte de Sepermeru en compagnie du Crocodile nous repérâmes une cabane de fortune. Nous nous approchâmes mais ne découvrîmes personne. Ce n'est que quelques temps plus tard que je me décidai à éclaircir le mystère de ce nouvel habitant que je n'avais pas rencontré auparavant. Je rodais donc dans les environs de l'oasis de Mekhet qui, semble t-il, ne rafraîchissait pas seulement ces chiens misérables d'adorateurs du Père des Serpents !

Je fis la rencontre de l'homme, Gladius, qui -outre un attrait viril pour une certaine animalité et un postérieur des plus musclés- dit être un érudit et alchimiste némédien ! Mon sang ne fit qu'un tour et je priai pour qu'il n'entendît point mon cœur frapper contre mes côtes ! Les tambours dans mes tempes gonflèrent et la bouche sèche je cherchai à savoir ce qui l'avait mené là. C'est alors qu'il me révéla à mot couverts en quelques phrases grivoises -qui ne me laissèrent certes pas de glace !- qu'il fut une sorte de passeur ou de contrebandier...
Une chose qu'il a dit me fait tourner la tête et tourmente désormais mes nuits ! Certes son corps fort bien fait a attisé quelques fois mes sens mais surtout, il assura être venu avec quelque ouvrage de savoirs ! Pour avoir employé la méthode qu'il employa afin de conserver dans son exil ses ouvrages « pas plus grands que la paume d'une main » faut-il qu'ils fussent importants ! Je n'ai qu'une obsession désormais : consulter ses carnets de notes !

Le némédien dit être disciple du Père des Serpents mais je rechigne encore à le mettre en contact avec Amon-Sebek. Je pourrais saper mon influence dans l’œuf ! Je dois réfléchir à ce que j'ai dans la manche pour charmer les serpents que seront bientôt ces deux là. Si je connais peu et très mal les méandres du culte de Set, en revanche, je possède le Nom Véritable du dieu Serpent ! Il me vient en esprit, gravé en lettre de feu, et je sais que Son pouvoir me l'a murmuré dans le Vide ! C'est de Lui que je détiens le pouvoir des Noms ! C'est par le Sien que je vis au-delà du temps et de l'espace. Cela et plus encore ! Cela depuis la Némédie... Si seulement je recouvrais le savoir de ce que Yielka apprit là-bas, juste avant la folie de Stygie qui l'a... qui m'a menée dans cette terre ! Mais de tous ces noms, combien ma mémoire en oublia si j'ai oublié jusqu'à son voyage en Némédie ?

Ma chair se souvient de ce bref voyage en Stygie, espérant ardemment avoir accès aux textes rédigés dans l'Aklo séculaire : la langue des hommes-serpents ! Savais-je la lire ? Je ne me souviens plus mais ce dont je suis certaine c'est que tout ce dont on m'accusa alors : blasphème, agitation des foules, profanation, avait un sens limpide ! Tout cela à cause de la Némédie et que ce qu'elle y trouva ! Tout cela à cause d'une vérité si insondable qu'elle fit perdre l'esprit à Yielka. Il me vient toujours en rêves flous les murs immenses des colossales ruines des cités de basalte noir ; mais aucune de leur gravure ne me revient en mémoire. Alors que je plisse les yeux dans mes songes pour les saisir sur les bas-reliefs elle deviennent plus fugaces encore ! Impossible !
J'ai passé les derniers jours dans un demi sommeil me laissant presque mourir de faim, noyée dans les vapeurs de lotus et les décoctions hallucinatoires... Je sais que la réponse est quelque part gravée dans ma chair, gravée dans os mais la torture du vide dans mon esprit me tord les sens et les entrailles ! Seulement penser à autre chose que cela est une épreuve en soi...
De colère et de frustration je m'arracherais la peau !
Les murmures dans la nuit pourraient peut-être répondre si seulement je me souvenais de comment les appeler !
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Jeu 11 Jan - 2:08
Le jour de l'araignée

*une note fébrile rédigée d'une main tremblante*


Difficile. Difficile exercice que d'écrire à présent. Je dois mettre de l'ordre dans mes idées, recouvrer le cours du temps, le cours de ma mémoire... Il doit y avoir un avant qui est passé, un présent, qui est maintenant que j'écris et un avenir qui est à venir.

Excédée, je suis... Non. J'étais excédée et frustrée de mes échecs successifs et de l'absence de mes visions. Il me faudra... fallait. Il me fallait occuper mon esprit. Passant devant la caverne grouillante je ressentis sa présence. Les filles favorites de Zath ont une aura que je connais mieux que moi-même. La néfaste présence des araignées dans cette région m'alerte... M'alertait déjà depuis le premier jour et je me méfiai depuis notre première rencontre de leur venin. Je sais que le dieu araignée et les siens ont d'excellentes raisons de m'en vouloir, de me traquer. La traîtresse, l'apostat, la prêtresse de Zath qui se détourna ! Le sentiment de menace est grand à chacun de mes pas me sachant épiée -peut-être- par une de ses espionnes aux yeux multiples. Je soupçonnais qu'une des filles de Zath se terrait quelque part ! Je peux la sentir la sentir jusque dans mes os ! Ses pattes courent derrière ma nuque ! Ses crochets s'enfoncent dans mon crâne et lorsque je dors, j'entends crisser ses pas à l’intérieur de ma tête !

Je devais en avoir le cœur net. Je m’arrêtai alors devant le terrier du Crocodile pour lui demander assistance.
Dans une autre vie mon expédition tourna en une grotesque catastrophe, j'en ai la vision lucide, comme une réalité abandonnée par le destin ; aussi les décoctions du Stygien seront... Furent d'un grand secours. Nous descendîmes au fond du puis pour traquer la bête. Comme Sebek le pensera nous ne trouvons rien alors que nous atteindrions le cœur de l'antre grouillante. Comme le pensait Sebek nous ne trouvâmes rien en atteignant le cœur de l'antre grouillante. Une chose est certaine pourtant, la créature surgit d'un cercle qui est au centre. Elle apparaît de nulle part, voyageant par la magie de son maître depuis les ombres !

La question se posera de savoir si... Se posa. Je renonce...
La question se pose donc de savoir si l'influence du dieu araignée est ici de longue date ou si ce n'est qu'un invité de dernière minute, ou encore sa fille est-elle prisonnière comme nous ? De cela je doute. Quand nous sortons de là Sebek m'adresse la question alors je répond que je pense au journal de la catin. Celle qui met fin à ses jours. Je lui dis que c'est une disciple de Zath et qui si elle est danseuse et charmeuse alors peut-être est-elle, comme moi, une des danseuses du grand temple de Yesud ? Impossible de nous souvenir de la raison de la perte de la sienne, de raison. Nous partons, à grandes enjambées à la poursuite de cette information. Le journal qu'elle laisse nous rapporte que les darfaris lui donnent à boire quelque chose et qu'elle sent l'influence et le souffle corrupteur des Dieux Extérieur dans son sang, dans son esprit. Elle décrit sa vision. Je sais qu'il s'agit du Dévoreur ! Avec enthousiasme je suggère que nous nous enquérons des indices qu'elle laisse en fuyant le Lieu d'Invocation ! Pleins d'attente nous fonçons là-bas et je promet au sorcier stygien que si nous sommes bredouilles je coure chez moi et je concocte le breuvage afin que nous le prenions ensembles ! L'idée plaît à mon ami.

Comme supposé, le carnet de la catin en révèle rien d'autre que ses tentatives de séductions. La sotte est mise en garde par des rêves de sa fin imminente mais elle est aveugle et sourde et elle fuit les ténèbres de terreur pour se précipiter vers une mort vaine ! J'espère en apprendre plus avec la décoction. Et Sebek aussi. Décoction nous prenons, ensemble, se tenant la main pour ne pas perdre le fil de l'espace !

La barrière ténue de la civilisation tombée entre nous, la chair hurle ! Elle crie ! Elle se mêle ! Elle s’attire inexorablement ! La chair est toute les chairs ! La chair veut ! La chair prend ! La chair sait ! Je sais maintenant que le breuvage est une solution ! Le breuvage me reconnecte avec l'univers ! Une fois enfin débarrassée de ces chaînes d'or à mon poignée se sera possible ! Peut-être même le breuvage me permet-il de contacter les Choses Ailées de la nuit depuis l’Observatoire !

Mon cœur est emballé. Je peine à respirer. Ma fébrilité m'entrave. Ma chair s’enflamme ! La sueur colle à ma peau, je suis toujours humide et mes os vibrent ! Je vois à nouveaux ! Présent ! Passé ! Futur ! Je VOIS ! Tout et Un à nouveaux ! L'imagination infinie en appelle à la forme choquante du fabuleux Yog-Sothoth, stupéfiantes dans Sa suggestive malignité. Yog-Sothoth connaît la porte. Yog-Sothoth EST la porte. Yog-Sothoth est la clé et le gardien de la porte ! Passé, présent, futur, tous sont UN à Yog-Sothoth. Il sait où les Anciens ont traversé depuis longtemps, et où Ils vont traverser à nouveau. Il sait où ils ont foulé les champs de la terre, et où ils les foulent encore, et pourquoi personne ne peut les voir tels qu'ils marchent. IA ! IA ! YOG-SOTHOTH ! IA! TAWIL AT'URM ! TOI le voyageur du Temps je t'appelle ! SEIGNEUR DU TEMPS ! DIEUX DES CYCLES ! Toi le DEVOREUR DES AMES, LA FOUDRE DES DIEUX ! MA CHAIR ET TA CHAIR, TA CHAIR EST TOUTES LES CHAIRS ! IA !
Y'AI'NG'NGAH
YOG-SOTHOTH
H'EE-L'GEB
F'AI THRODOG
UAAAH
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Sam 13 Jan - 14:04
Le jour des tambours dans la tempête

Les visions s'estompèrent finalement. J'eus la sensation de revivre, de pouvoir enfin percevoir l'Univers tel qu'il est. Une multitude de couches invisibles et imbriquées que je vis à nouveau !

Sebek vint me trouver, je ne saurais dire ce qu'il voulait mais je me souviens qu'un message tournait dans mon esprit encore et encore, au bord de ma conscience, presque insaisissable. Le Serpent ! Le serpent me hante depuis deux nuits et j'entends une voix, un appel que je connais ! Je sais que le vers de la terre qui se love au fond des égouts s'est ravivé, lui aussi semble prisonnier de sa chair. Une malédiction de Set à traître dégénéré pour s'être tourné autre fois vers le nom maudit de Zattaqqua ? Un nom que je prends précautions à écrire avec des lettres manquantes et changées tant son pouvoir est grand. Je dois l'emmener le voir. Nous irons avec le Némédien...

Après le départ du Stygien le vent s'est levé et j'ai entendu la voix de Yog ! Les tambours des darfaris résonnèrent et les tambours de mon temple leur répondirent pour honorer le Grand Dévoreur et la chair qui nous relie ! Mes prières furent exhaussées ! Le nom de Yog-Sothoth hurlé dans la tempête a apporter avec lui les âmes fraîches et nouvelles ! Des frères et sœurs, peut-être, qui rejoindrons ma vision ! Je sens le pouvoir du Seigneur des Demeures Vides s’accroître dans tous le désert ! Je sens sa présence, son appel et je sais que sa Chair répondra !
J'arpentai le sud de long en large pour retrouver ces enfants dispersés par les vents, tous ceux que m’annonçaient les tambours dans la tempête – et les remontées confuses du breuvage obscur consommé dans une euphorie charnelle débridée en compagnie du Crocodile !

J'ai la foi, je suis confiante. Je laissai des messages à ceux reliés à moi par le Chair. Je marchai jusqu'à trouver une maison de grès dans l'oasis de l'Espoir de Muriella. Je pouvais sentir battre dans mon sang la présence d'autres Affamés alors je parcourus les rivages de mon territoire. Je trouvai enfin une construction à peine avancée mais dans laquelle je sentis la ferveur de la Fosse qui brûle les chairs et l'odeur... Celle du Rite et de sa dévotion ! La faim me tordit l'estomac et me fit naître l'eau à la bouche ! Je laissai alors un cadeau à mes frères espérant les convaincre de me rejoindre et de devenir mes enfants !

J'insistai avec le sentiment qu'un autre égaré se trouvait sur ces côtes puis enfin je découvris la cabane de Xin Tua ! La sœur abandonnée, la sœur trahie qui n'ose dire oui. Je sais que dans sa chair la kithane a senti l'appel, elle n'a pas su pour l'instant lui donner de nom. Mais les Noms son mon pouvoir. Si elle me rejoins, je lui prêterai leur force ! Je prouvai à se yeux mon engagement par une offrande faite à son temple qui lui permettrai de consommer la Chair... Indispensable ! Je prie afin qu'elle me rejoigne, cela me donnera déjà un avantage sur mes camarade fils du Serpent !

J’attends avec impatience de croiser les autres vénérateurs du Plus Ancien. Les amadouer est la première étape. Si je peux établir un dialogue alors j'obtiendrai tôt ou tard ce que je veux ! Au delà- de l'accomplissement de mon plan, la solitude me pèse et j'ai besoin de prendre soin des miens, de mes enfants, les Fils de Yog...
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Mer 17 Jan - 17:00
XI. Le jour de la traque


Le vent apporta avec lui les mensonges et la suspicion.
J'allai à la rencontre de deux âmes un frère et une sœur. Le frère s'est présenté comme un enfant de Yog, mais son nom insinua le doute dans mon esprit : Arnleif. L'Aigle de Lumière éblouissait ma perception et je tentai de déceler les détails de sa vérité. Il chercha à m'amadouer et je décidai de prendre les choses comme il me les donna. Je le traité alors au mieux.

La nuit suivante, nous entraînions l'homme et sa sœur dans l'exploration des égouts de la cité noir avec Sebek. Xin Tua qui avait rejoins mes enfants depuis vint avec nous. Le Crocodile devait voir la chose au fond, le Vers de la Terre, l'enfant maudit de Yig ! La voix de la chose rentre dans l'esprit et nous attire à lui. Nous offrîmes à nos camarade de l'équipement, de la nourriture et de quoi se soigner et se défendre.
Mais le lendemain, je constatai que mes guerriers saints avaient été tué et le Temple pillé. Je décidai de mener l'enquête pour obtenir vengeance ! Mes soupçons se portèrent immédiatement sur mon seul adversaire : Odric ! Si l'idée de porter atteinte à ce qui est important pour moi lui ressemblait, j'étais certaine qu'il s'en serait aussitôt venté en hurlant dans le vent à qui voulait l'entendre. Amon-Sebek n'aurait jamais profané un temple, Gladius n'y aurait trouvé aucun intérêt quand à Ragnar, il s'excusa auprès de moi pas plus tard que la veille au sujet d'une regrettable erreur de jugement. Il me fit même un présent en guise d'excuse.

Il ne me restait alors qu'une possibilité ! Si la mort de quatre de mes esclaves valait bien la chair du mystérieux Arnlief et de son frère, il me semblait devoir être sûre ! Je me lançais alors dans une traque acharnée. J'entrai de nuit dans la maison et trouvai les masques rituels et les vêtements de mes esclaves assassinés ! Je constatai qu'ils n'avaient plus ni meubles, ni ateliers. Ils étaient donc en train de se déplacer ! Je pensais qu'ils cherchaient à me fuir alors je les traquai sans fin, quatre jours et quatre nuits ! Quand je les trouvai enfin je pus me reposer.

La destinée est curieuse, tant et si bien qu'alors que je m'apprêtai à quitter le Crocodile Arnleif vint chez lui pour faire réparer son équipement. Je le confrontai et nous trouvâmes finalement un accord pour que j'obtienne réparation. Mais le jour qui suivit, je trouvai mon homme assis à mon campement des cascades. M'attendait-il ? Se reposait-il simplement ? Je ne saurais s'il me dit alors la vérité.
Quoi qu'il en soit, il cherchait à se défaire d'une colossale quantité de glace noire en échange de résine. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : il s'était installé dans le nord près d'un gisement et la construction d'un fortin réclamait certainement plus de résine qu'il ne pouvait en récolter... La suspicion gagna à nouveau mon esprit alors qu'il fuit à toute jambe sans même prendre la peine de répondre à mes questions. Je le traquai à nouveau et trouvai bien vite grâce à mes déductions l'emplacement de leur cachette : juste derrière la sinistre Xullan. Depuis que je vis son frère et que je sus son nom, plus de doute que le fait qu'ils furent nordiques tous les deux. Il me faudra alors sur la base de ces nouvelles preuves, le confronter à nouveau au sujet de ses mensonges... De plus, il me doit quelque chose que je veux récupérer à tout prix : un rêve qui ne m'appartient pas encore !
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Jeu 18 Jan - 19:47
XII. Le crépuscule du Crocodile


L'on m'a dit il y a peu que la douleur n'est qu'une simple information. Mais la Douleur est saine aux belles âmes, la douleur allonge les jours, le plaisir les raccourcit, le temps les entraîne et les dévore, elle élargie l'âme en la déchirant. Aujourd'hui j'ai mal car j'ai perdu un ami, le seul depuis longtemps.

Amon Sebek, le Crocodile nous quitta ce matin. Je m'étais plongée en méditations après avoir eu une longue conversation nocturne, à nue, avec Arnleif. J'obtins finalement la vision qu'il m'avait promis et je travailler à mes notes. Je crois bien que je finis par m'endormir et plongeai dans des visions floues imposées par le lotus. Je me réveillai, trempée de sueur et d'angoisse.

Mes rêves furent envahis de serpents et j’entendais les cris de douleur d'une voix familière ! Je reconnus celle d'Amon-Sebek dans les limbes de mes songes alors que je le voyais s'offrir nu aux mâchoires d'un immense serpent ! Puis dans ma vision la tempête se leva, je courus aussi vite que je pus vers sa caverne. Je me fiai à la magie violette émanant de la pyramide qui se détachais, noire et massive au travers du  mur de vents et de sable ! Ma peau s'arracha et je souffris comme si l'on m'arrachait le cœur de la poitrine. J'arrivai enfin près de la pyramide et appelai mon ami mais ma voix se perdait dans le vent , muette d'angoisse ! Avec les dernières bourrasques la pyramide s'effrita et disparut en particules de sables ne laissant que le désert balayé par le temps infini ! Je compris à mon réveil qu'il y avait là un message ! Je savais qu'il arrivai quelque chose !

Je quittais sur le champ mon étude sans me soucier de mon équipement et me précipitai au travers des étendues de sable jusqu'à la caverne du Crocodile. Je fus d'abord soulagée d'apercevoir sa battisse intacte mais très vite, je sentis la magie noire qui émanait du temple de Set ! Je me ruai sur l'entrée mais stoppai à la porte... La pulsation d'énergie maléfique s’amplifia à mon approche ! En vain j'appelai mon ami alors que la panique me gonflai le cœur ! La prêtresse au service de Sebek était en transe et au bord du sacrifice !
Je fis le tour de sa battisse sans le trouver. Lorsque je revins au temple, les nordiques Arnleif et sont jumeau Yngväsdr se tenaient là, le némédien Gladius aussi et un certain Lokias que je ne connaissais pas. L'énergie fabuleuse avait résonné dans toutes les terres nous attirant à cet endroit ! Soudain les serpents de toutes la région affluèrent vers l'endroit et c'est alors que je compris : c'était une procession ! Sebek avait réalisé un rituel. Il avait compris quelque chose et avait tenté l'expérience. Gladius approcha à la suite des reptiles et je lui emboîtai le pas. Si j'avais vu juste, Amon Sebek avait tenté de s'offrir au Père des Serpents et de gagner son ascension ! Ma présence pour son passage lui facilita t-elle la tâche ? Je l'espère... Nous entendîmes tous les paroles prononcées en Aklo mais je les compris... Alors un serpent d'une taille gigantesque fit son apparition et la pyramide s’écroula, morceau par morceau comme elle fut érigée ! Je restai là, ébahie avec la certitude que le Maître du Passage requérait ma présence auprès de Gladius pour accompagner mon ami ! La voix d'Arnleif retentit m'intimant de reculer et il insinua le doute dans mon cœur. Quand il eu bousculé Gladius pour m'atteindre il me tira à l'extérieur. Le serpent géant s’effondra enfin et c'est le corps d'Amon Sebek qui resta étendu... Il partit me laissant un héritage immense du fait d’avoir été son témoin. J’honorai sa chair avec une gratitude et un respect extrême et proposai à Gladius de la partager avec moi comme il fut aussi son ami.

Je reprend ses recherches. La mémoire de sa chair est ce qu'il m'a légué de plus précieux, cela et la certitude que je suis sur la bonne voie, que je dois continuer et comprendre ! Sébek n'élucida par par son geste les mystères qui entourent ces terres, mais il parvint à s'en libérer d'une manière magnifique et sublime bien que définitive d'un point de vu mortel !
Je ne pleur pas son départ car il est parvenu à ce qu'il cherchais, je pleure ma propre solitude, car je n'ai plus qu'une sœur dont je dois prendre soin, et nul ami à qui me fier. Le dernier cadeau que me fit le Crocodile est sa chair : le réceptacle sacré de son âme. La chair d'un ami est plus précieuse que celle d'un ennemi, mais une chose est certaine, par la chair, il nous a lié Gladius et moi d'un façon profonde !
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Mer 24 Jan - 17:42
XIII. Le jour de la Chance

Il me sembla que le sort s'acharnait contre moi. Il y avait forcément une leçon à retenir. Dans l'extase terrible où je me trouvai, j'étais incapable de la voir. Il me fallait plus de clair voyance. Bien sûr, je m'accordai un répit, liant ma chair à celle du Jumeau de la Lumière. Il refusa de comprendre l'intimité mais je suis triste pour lui, aveugle de fantômes et d'illusion ; il pose des questions mais refuse de comprendre les réponses, pourtant, elles sont toutes vrai. La nuit fut chaude mais calme, rien de comparable avec la fusion délicieuse des âmes qui advint avec le Glaive... Je fus déçue je m'attendais à ce qu'il fut plus clairvoyant. Quoiqu'il en soit il préféra se perdre dans mes vexeries capricieuses qui cachaient bien autre chose.

La nuit suivante, dans ma demeure du Sud, je fis un rêve. Je vis ma sœur Dekara, dormant sereine et paisible suspendue dans le ciel ! Je volai près d'elle mais n’atteignis pas son âme lointaine ! Je cherchai sa fureur, sa Faim et sa rage et celles-ci s'étaient enfuis. Les jours suivant, je m'acharnai la douleur au cœur, à escalader tous les pics du désert, les uns après les autres et jurai que je ne trouverai repos que quand j'aurais retrouvé sa chair ! Je trouvai enfin son corps momifié par le sable et la chaleur dans sa posture de méditation en haut de l'un des pics surplombant l'Oasis de Meket... Ses évasions vers le Rêves étaient, avant son départ, de plus en plus longues et de plus en plus profondes. Ce coup de poignard me laissa seule, encore, accablée par le départ, extatique de l’ascension de ma sœur.

Je décidai de me concentrer sur la leçon à tirer de ce message envoyé par la Destiné. Mes méditations furent embrouillée et mes tentatives troublées par des questions matérielles. Un voleurs s'est introduit dans ma demeure portant atteinte à la chair sacrée ! De cela je jurai de le faire en répondre par l'exemple et promettais mon poids en explosifs à celui qui me donnerait sa tête ! Cette soirée lamentable chez les Jumeaux du nord m'enfonça encore dans la frustration et l'irritation à laquelle je refusai de céder pour autant !

Mais bientôt arriva la Fortune ! Enfin et je sus la leçon qu'il y avait à tirer de tout cela ! La patience ! Il fallait que je calme le tumulte. Alors que je cherchai à éclaircir mon horizon, je m'entretins avec la Fortune, elle me confia son nom à la faveur d'un signe inattendu du ciel et j'espérai en conserver le pouvoir précieusement et la garder des malédictions en échange.  Une autre visite me força à un échange creux et infantile avec le Jumeau de Lumière sous la scrutation d'une ombre hypocrite. Il va s'en dire que la Fauve n'aura pas manqué de lire ce journal. Peu m'importe en réalité ce qui les préoccupent à l'heure actuelle. Les parole d'Arnleif me laissèrent voir ce que j'avais besoin de savoir, bien qu'il repartit toujours drapé d'un mystère illusoire et déjà percé !

La nuit d'après, les Ténèbres m’offrirent enfin la clarté ! Les enfants de Yog virent à  moi et je pris soin d'eux. Chikere et Andrax nous rejoignirent et nous formions à nouveau une famille. Un frère et une sœur furent accueillis et je menai une chasse autant pour leur initiation que pour honorer le Maître du Temps de m'avoir accorder celui d'apprendre ma leçon ! La solitude est brisée et mes frères et sœurs prendront soin de moi autant que je prendrai soin d'eux ! Ce qui est à moi et à eux, ce qui est à eux est à moi. Ma chair, leur chair, une seule chair celle de Yog !
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Mer 24 Jan - 18:19
XIV. Le jour du Fracas dans l'Obscurité


Je passai les jours suivants à chercher la vérité derrière le voile de ma vision. Je parlai avec l'Ombre et le Capitaine qui ne Vit Jamais l'Océan. Le Capitaine qui ne Vit Jamais l'Océan me fit un cadeau ! Il me rendit le Début du Voyage de Yielka ! Si ma chair se souvenait du motif de son départ de Yesud, elle ne se rappelait pas de la raison de ce dernier. Je l'embrassai pour le remercier de cette chose précieuse qu'il m'avait rendue alors que nous parlions de la route mystérieuse vers Kaddath et des entrées secrètes du Rêve dans les monts du Khitaï ! Il me rappela Leng, le Gouffre et le Tisseur ! L'autre nom de l’Araignée, Atlach-Natcha et son tissage du Destin menant à l’éternité et le ravage qui appelle le Dévoreur ! Les deux frères de l'ombre me confirmèrent ce que je pensais mais il m'en fallait plus pour être sûre. Il me fallait le Nom, le nouveau nom de ce qui fut battit par les Jumeaux et la Bête. Je cherchai donc à l'obtenir par d'autres moyens et je finis par y parvenir concluant un pacte de chair avec l'Ombre ! Ce dernier me laissa des traces.

Providentielle, une « visite de courtoisie » que je trouvai acide se présenta plus tard à ma sœur. La Bête et le Jumeau de Lumière souhaitèrent avoir de mes nouvelles -curieux-, j'en profitai pour observer et je fus satisfaite de ne pas m'être trompée. Elle suinte la jalousie, la colère et l'avidité ! Voilà ce que j'aime et ce qui m'attire dans cette Bête. Mais les Bêtes ne mordent que si elle ont peur ou si elle ont mal... Ma mise en garde était juste. Ce n’est pas tant la jalousie à mon encontre qui fut intéressante mais plutôt son absolu et son incarnation. Je confirmai encore ma vision l'ombre de la mort qu'Arnleif traîne derrière lui et que j'ai vu la première fois que je l'ai rencontré, et qui s'est confirmée encore quand nous nous sommes liés. De vive voix le Jumeau des Ténèbres laissa entendre bien avant des bribes qui m'apparurent claires ! Sur cela je dois interroger les Morts et le Capitaine me donnera la clé, il l'a promis.
Ceci dit cette simple curiosité m'amena à quelque entretient plus intéressant ! Il m’entraînèrent au nord m'invitant à vérifier leurs coffres afin que je m'assure qu'ils n'étaient pas mon voleur. Si je décidai de prendre le risque qu'ils m'aient menti et que se soit piégeux, j'avais néanmoins quelque chose d'important à obtenir : La confirmation du lieu de leur nouveau camp que je pensais avoir deviner, et leur Nom ! J'obtins au final ce que je voulais avec une certaine satisfaction ! Bjornkriger. Les Noms sont le pouvoir.

Après une tension palpable je me retrouvai alors laissée en plan par le Jumeau de la Lumière, qui courrait comme un enfant après la paires de fesse de Fauve à « régler » leur affinités mortelles et insipides. Je fus à nouveau en tête à tête avec le Jumeaux des Ténèbres, mon préféré des deux. S'engagea une série d'escarmouches et de piques que nous nous adressâmes en guise de sympathie. Je m'y amusai sincèrement. Je relâchai néanmoins mes mâchoires car je désirai ardemment entendre sa voix me parler de ses ténèbres que je voyais ! Le reflet de ses yeux de glace répondant au charbon des miens, je m' attisai à l'idée de toucher sa peau et de sentir son odeur. Il reculai retranché alors que j'ouvrai en moi une brèche invitante, toujours affamée. Mais les hommes aiment les batailles plus encore que la chair. Je me lançai alors dans cette bataille qu'il appela partie d'échec, joute régicide, entre deux âmes couronnées par les Ténèbres. Dans le fracas de nos esprits malades nous nous reflétâmes l'un l'autre tour à tour ! Je me prêtai volontiers à ce jeu, pleinement, sans détours. Je répondis la vérité crue à toutes ses questions, il répondit dans la clarté aux miennes. Il rependit son sang en incantation et je marquai son territoire de mon passage mais cela avait peu d'importance ! Ce qui compta c’est le reflet de son âme dans la mienne, le reflet de la mienne dans la sienne ! Je le trouvai beau, je le trouvai grand, je le trouvai attirant et je désirai sa chair alors qu'il jetai son regard dans les flammes et le vacarme du passé ! Oui ! Je compris alors pourquoi le secret de son nom m'échappait et enfin je fus éclairée de ce que je voulais voir ! De ce qu'il me laissa voir, de ce que je lui laissai voir, deux égaux dans les ténèbres, deux corbeaux qui dansent et se battent sans distinction...

Je le quittai heureuse, excitée, attisée, gourmande et avide de chair, de plaisir et d'esprit. J'avais tant donné pour ce qu'il m'avait donné que je décidai que mon départ était une excellente chose. La frustration et la douleur du Vide et de la Faim sont bonnes pour l'esprit tourmenté, il y trouve la clarté ! J'emportai avec moi, son sang rependu sur mon visage, part de lui avec laquelle je scellai mes lèvres dans le secrets des ténèbres. Je retournai à ma cabane dans les glaces et méditai sur le feu, puis je finis par m'endormir. Cette nuit, le Jumeaux des Ténèbres me hanta pour mon plus grand plaisir...
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Ven 26 Jan - 12:57
XV. Le jour du feu et de la glace


Le fer se rouille, faute de s'en servir, l'eau stagnante perd de sa pureté et se glace par le froid. De même, l'inaction sape la vigueur de l'esprit. Voici ce que j'aurais du dire au Jarl... Pourtant cela ne l'aurait pas aidé alors je me tus.

Je préparai mes décoctions impies et méditai pour que mon esprit resta sur le seuil. Je repartis vers l'Est puis gagnai Mathgamhain. J'y demeurai un jour et une nuit auprès du Capitaine car je revins comme je l'avais dis pour entendre avec son assistance la voix des morts. La Chance était avec moi. Je fis le rituel par le Nom et j'appelai un mort ancien espérant trouver par lui des réponses au mieux, des pistes sinon. Mais les morts ne dirent rien de nouveau :
"Une prison ! Un purgatoire ! Aucun ne dort ici ! La terre est morte mais les morts ne sont pas au repos ! La Douleur persiste au delà du corps ici. La Sorcière cherche les deux femmes balayées par le Givre dans le feu sous les cris de glace.
Le dieu du Givre manifeste parfois de la cruauté dans le châtiment. Aucune des deux femmes n'est ici ! Abandonnées !
Les frères sont opposés mais liés, encore. Le Frère des Ténèbres est solitaire même deux il est un.
Le frère de Lumière est aveugle.
Elle veut savoir comment ! Comment et si c'est la main de ce dernier :
Le Feu qui ronge le bois, les cris vains qui se perdent dans le souffle du vent du Père du Givre.. Les morts ici ne savent pas. Elles ne sont pas ici. Parties. En paix. Ici il n'y a pas de Paix.
La colère et la rage reste attachée à la chair des vivants et des morts. »

Si les paroles du mort ne me répondirent pas faute de le pouvoir elles m’annoncèrent ce que je considérai comme une bonne nouvelle. Elles étaient en paix. Cependant, la seconde partie de son discours n'apporta que plus de questions :
« Toi ! Fils du Chaman ! Le sang est ancien ! Écoute la voix de tes ancêtres lointains. Du viens de plus loin que la montagne. Tu as le sang de la vielle langue et des vieux mots.
Sous le Cataclysme tout n'a pas disparu. »

Je ne pus hélas pas décrypter cela immédiatement, accablée par le prix à payer pour une telle incorporation. Arrivèrent alors la Bête et le Frère de Lumière, jouant dansant dans les illusions ridicules de leur masque trop vite balayés. Mise en scène... Combat truqué ! Seulement du sable dans le vent alors que résonnait l'orage et le fracas ! J'entendis le Chaos et le désordre ! De cela je ne me souviens pas clairement car les ombres du Seuil m’accaparaient et cherchèrent à m’entraîner mais mon ancre fut forte : Je suis les racines profondément enfoncées dans la terre ! Je levai les voiles ensuite, après leur départ, pour l'Ombre et le Capitaine au sujet des demandes déraisonnables du Frère de Lumière.

Après ma visite dans le nord je regagnai le sud pour les affaires courantes que j'avais laissées en plan et surtout j'avais à m'occuper de mes sœurs. Je les réunis dans la chaleur de la nuit du sud autour du feu qui crépitait. Je leur avait promis de les éclairer sur les rituels hystériques des darfari sur le lieu d'invocation. Ce que je fis. J'expliquai à mes sœurs qu'il ne fallait douter, je leur dis ce que je cherchais à offrir avec leur aide et ce que je cherchais pour moi-même. Elles comprirent. Je commençai à leur apprendre à lire et à écrire, science puissante que de tracer les signes qui se changent en mots et d'amadouer le pouvoir de nommer les choses. Je me sentis à nouveau heureuse et en paix avec moi-même, entourée de sœurs que j'aimais et qui m'aimaient enfin ! Je pouvais enfin prendre soin des miens et ils prenaient soin de moi.

J'organisai bientôt une rencontre, profitant de l'Ombre comme intermédiaire. Je savais que me rendre chez les Bjornkrigers jetterait l'huile sur le feu, et bien que l'idée fut tentante de voir certain d'entre eux danser dans les flammes et se consumer, je m'étais découvert une admiration et une affection particulière pour Ygväsdr. L'Ombre partit le chercher et décida du lieu de la rencontre. Le plateau d'Isleciel m’ennuya d’abord et je réalisai que l'emplacement à découvert, dans les hauteurs et dans le vent au milieu d'un champs de ruines nous correspondait bien à lui comme à moi. Je tentai de montrer un autre visage, au-delà de la provocation, de la mesquinerie et de mon acidité virulente. Je voulus l'avertir contre sa destruction mais l'homme ne peut entendre qu'il faille qu'il s'oppose à son frère : alors je me tus.

Il m'invita à parler. Il me demanda comme acte de foi, de déclarer solennelle devant les siens mon absence d'intention belliqueuse à l'encontre de leur clan. Jurant à mot couvert que ma parole suffirait. Je n'y crus pas mais je le fis. Je voulus lui dire que cela ne ferait que les braquer et qu'ils ne seraient pas convaincus car je savais déjà ce qu'ils voulaient entendre et que ce ne serait pas ce qu'ils entendraient. Mais je vis la foi d'Ygväsdr pour son frère dans ses yeux : alors je me tus.

Je pris des précautions néanmoins, car jamais le Destin n'est sûrement écrit. Nombreux étaient ceux qui savaient où je me trouvais ; et lorsque le Capitaine et son nouveau matelot m'interrogèrent je répondis que j'avais foi en la Destinée. Ma mission n'était pas terminée, alors tout irait comme je l'avais prédit. Je lui assurai, comme à ma sœur aimée, qu'il ne fallait pas douter car quoi qu'il pouvait bien advenir, je gagnerais de toute manière. Je savais déjà que cela me désolerait pour Ygväsdr que j'avais tenté d'avertir... Je dis au Capitaine que si le Jarl ne laisserait pas faire, les autres pourraient passer outre. Je jurai alors sur le Sang et la chair que s'ils venaient à me tuer ils n'affronteraient ni guerrier, ni adversaire de valeur, ni gloire, ni courage, juste leur cruauté sadique et leur bestialité. Je les priverait de tout ce qui compte au combat pour eux ! Il leur faudrait me prendre nue, en prière et à genoux. Il n'est rien qu'un homme puisse me faire que l'on ne m'ait déjà fait subir ! Ils n'obtiendraient au final rien d'autre qu'une Victime Innocente et en feraient une Martyr !
Qu'ils déclenchent eux même la guerre imaginaire qu'ils appellent de leur vœux; après tous, on obtient toujours ce que l'on souhaite ! Que les Nordiques n'oublient pas les malédictions qui les affligent s'ils ont la honte et le déshonneur, de manquer de respect ou de maltraiter une Völva ! Ma mort arrachée par l’humiliation leur fermera les portes de leur Valhalla, sur ma chair je le jure !

C'est bien un tribunal qui m'attendit dans le grand hall, sans rang et sans respect. Sans autre respect en tout cas que le seul qui avait de la valeur à mes yeux : celui du Frère de Ténèbres... Je fis ma déclaration comme convenu. Je fus assaillie de questions inappropriées ou hors sujet. Je vis leur terreur infantile se cristalliser autour d'eux comme du givre et je sentis leurs âmes trembler à la simple idée que j'avais pu approcher leurs morts qu'ils m'accusèrent d’avoir dérangé. Mais les morts ici ne sont pas au repos; jamais plus ! Seul Ygväsdr méritait d'entendre car seul il comprendrait. Mais je répondis tout de même aux questions. Cela ne changea rien. Comme je l'avais dis. Il aurait été inutile d'expliquer, de parler de la voix ou de répéter ce qu'ils avaient dit. Cela ne les concernait en rien : alors je me tus.


Au final je ne savourai qu’une brève victoire mesquine d'avoir eu raison et d'avoir eu foi en ma Destinée ; et mon désir de triompher en faisant remarquer au Jumeau des Ténèbres que j'avais raison et que cela ne pouvait se passer qu'ainsi, disparut bien vite. Elle fut noyée par la profonde tristesse que j'avais pour lui et par la tragique déception qu'il ressentait. j'entendis sa solitude résonner en moi-même et je pensai à mes frères et sœurs avec qui je partage la même chair :  nous ne sommes jamais seuls même quand nous sommes séparés à jamais. Ce soir là je promis de lui donner de la chaleur, ce que je fis. Je lui confiai la voix des morts, pour ce qui l'en concernait et je lui arrachais un sourire. En échange, il me donna une chose qui n'a aucun prix : l’aveu de l’échec, peut-être plus tard... Je le garde, et je me tais.
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Jeu 1 Fév - 15:31
XV. Le jour des marées



On dit que le Temps et la Marée n'attendent personne. J'ai beau savoir que c'est vrai je suis tout de même sur la brèche et ne cesse de courir ! Je finirai par me consumer tôt ou tard.

Enfin ! Enfin eus-je ce temps finalement à consacrer à mes sœurs, mettant de côté tout autres de mes engagements envers Gladius suite à mes découvertes le concernant ou qui que se fût. Lorsque je compris que la folie et le drame se dirigeaient vers nous tous à grand pas, je fus soudain pressée par ce Temps qui d'ordinaire est pour moi l'éternité. Si j'avais juré à Gladius d'être là, ancre, chair de sa chair, je n'oubliai pas cependant que j'avais envers mes sœur des engagements plus pressant et la nécessite absolue de les avoirs autour de moi et pour elles, de me savoir avec elles.

Mon intervention chez les Bjornkrigger n'avait fait que jeter de l'huile sur le feu, mais m'avait immanquablement rapprochée d'Ygväsdr, pour ma joie la plus grande. Mais si l'homme me hantât nuit après nuit depuis notre première confrontation, je repoussai encore un certain nombre de choses le consernant pour courir après un Rêve. Je fus confrontée à une crise de Lokias dont l'esprit brisé éclata au visage de ma douce Chikere. Je me dis alors que je trouverais peut être une réponse dans les anciens rite des chamans darfari, mais pour cela je devais trouver et interroger Dekara. Le voyage dans le Rêve fut long mais je revins avec quelques pistes et quelques secrets.

Le Jumeau de lumière voulut faire l'éclairage sur la situation de son clan, sûrement lassé des tensions entre nous. Peu importe la réussite ou l'échec, qui a tort ou raison de nous deux cela ne m’intéresse pas. Ses sous entendus sur ses engagements de guerre qu'il croit mystérieux et inconnus parce que ma chair n'est pas née nordique, cela ne m’intéresse pas ! Ce qui m'importât surtout c'est le cœur qu'il y mit. Je pris cela pour argent content et vins le retrouver en haut de la Gueule du Chaos, lieu approprié, comme convenu. Nous eûmes une conversation qui de mon point de vue n'apporta pas grand chose. il se concentra a expliquer qu'il défendait, protégeait et prévenait de menace qui pesaient, imaginaire sur lui, sa compagne et leur bonheur dont je n'ai rien à faire. tout en expliquant, qu'il n'avait pas peur et que ce coule était dissociable. comment y croire dans des paroles si contradictoires ?
Cependant nous cherchâmes à nous comprendre malgré tout. Il exigea de moi un certain nombre d'explications bien qu'il ne donna pas grand chose en échange. Si ces considérations inintéressantes sur sa femme aesir et les prétendues persécutions à l'encontre de leurs amours mortelles me passaient à des lieux, en revanche il eut des paroles qui sonnèrent à mon oreille d'une bien curieuse façon. Il dit très exactement « Moi je n'essaie pas de coucher avec ce qui me fait peur. » Si la peur m'est étrangère en revanche j'eus bien l’impression que cette phrase m'étais destinée. Je ne saisis pas ce qu'il insinuait par là, à qui elle s'adressait ou ce qu'elle visait mais j’entendis bien éclaircir cela plus tard !

Plus tard... Plus tard... Je pensais pourvoir enfin me consacrer à mes recherches sur l'esprit et les malédictions, travailler ma chair à se souvenir et compulser les notes léguées par Sebek ; mais même après cela, je n’eus pas le temps de me pencher sur le cas de Gladius car j’eus très vite des nouvelles de mon ténébreux jarl du nord !
Je l'avoue, il détourna toute mon attention à son bénéfice ! Je me maudis de mes passions, juste un instant, avant de m'y consacrer à nouveau pleinement. Notre petit jeu se poursuivait et j'en attendais chaque occasions avec toujours plus de fébrilité. Au fur et à mesure nos liens se resserraient et nous entrâmes dans la danse l'un de l'autre jusqu'à mélanger notre fluide... Si cette obsession latente comme un morceau de glace dans ma chair pulsait comme un cœur battant, je n'en oubliai pas ma mission pour autant ! Je n'ignore ni le froid, ni l'absence glacée du vide, pas plus que la brûle des flammes.

Quand j'eus retrouvé mes esprits, enfin, je bâtai le rappel pour l'exploration que j'avais promis au Capitaine : la Cité sans Nom. J'avertis qu'entre ces murs attendaient les réponses et la folie furieuse du Temps qui se découd ! Je les guidai au travers des ruines, les emmenai voir l’Archiviste, puis le Maître de Guerre ! J'espérai qu'ils comprennent enfin ! Tout ce que j'avais dit est vrai !

Le Temple du Père des Serpents révéla des choses en Gladius et je fis ce que j'avais promis : je fus l'ancre de sa lutte. J'utilisai le pouvoir de mon Nom et du sien pour le ramener à sa chair. Cela fonctionna et j'évitai de l'exposer à tout prix ! Cependant, cet évènement, avec le recul, ne fait que poser plus de question ! Moi-même, je restai perturbée, mon temps déconstruit perdu dans le Tout Est Un, enfui dans les vagues fluctuante des marées assombries de la Cité Sans Nom... Non en elle, rien de la mystérieuse Irem ou de la G'harne perdue, je suis certaine. Je regrettai, morsure cruel d'un vide en moi, que le Loup Blanc ne fusse à mes côtés, j'aurais voulu qu'il voit avec mes yeux.

L'aventure dans la bouche de la folie que fut cette expédition de trois jours et quatre nuits fut très vite remplacée par une autre vague du destin. Un homme sortit de nulle part avec des prétextes fallacieux et dans ces yeux, dans son aura, nulle innocence, nulle candeur mais de la duplicité ! Il entendit nous lancer sur une piste à la recherche d'une fausse famille disparue. Il avait avec lui un appât des plus tentant : une tablette de l'Acheron chargée de la mémoire des pierres. Ce qui j'y vis me perdit dans le temps :
Un être plus grand qu'un homme et couvert de voiles sombres travers en témoin le temps marchant avec son bâton de Pèlerin. De tous les voyages ses yeux me suivirent ! Au bout d'un moment il se rendit compte de ma présence hors du temps sur ses pas et il tourna sa conscience vers la mienne ! Sa voix comme un avertissement a résonné dans ma tête : « SORTEZ ! », me rendit presque en substance le sentiment de peur que j'ai oublié depuis longtemps ! Nous suivîmes notre guide aux airs misérables et aux explication fallacieuses jusqu'au Bois des Mélopée ! Dès le début, nous avions levé les voiles des ses mensonges ! Si mon instinct et celui d'Ygväsdr ne se trompèrent pas au jeu de la victime, attendant de lui un dénouement sinistre. Cela ne nous empêcha pas de le suivre jusqu'au bout dans son embuscade, sûrs de notre force malgré l'hostilité de la faune ! Malgré les prières que nous adressâmes à l'Esprit du Loup Ygväsdr, Chikere et moi le Maître des Bêtes ne sembla pas entendre ! Le sorcier fut découvert et mis à bas en emportant ses réponses dans la mort !

Je parvins cependant à acquérir l'intégralité du triptyque ! Gladius ne l'a pas manqué et je refuse de lui laisser en libre accès tant que je n'ai pas terminer d'effilocher ce qui hante son âme. Je devrai certainement faire appel à l'Esprit du Chaos qui lit les signes Acheroniens, moi qui n'ai toujours pas eu le temps de compiler les notes du Crocodile ! J'enrage !

Il reste encore trop de questions sans réponses et le Temps de notre mortalité défile à grande vitesse malgré l'absolu de mon Maître... Les tablettes, leur traduction, la chair de l'homme et ce qu’elle pourra me dire, les visions, les yeux jaunes et les mains parcheminées du Pèlerin du Temps, l'appel du Seigneur des Bêtes, la fureur du Capitaine, la secte fanatique de Seper-Meru, les ténèbres du Némédien, les questions incongrue de la fauve, lesang curieux de ma soeur...

Tant de questions et pourtant une m'accapare : Le Loup Blanc viendra t-il à moi me parler de notre lien fusionnel dans la bataille alors que je couvrais son flanc gauche et qu'il levait pour moi son bouclier ? Ou est-ce mon tour de venir me confronter à ses jeux ? Où nous mènerons nos rituels en aveugles dans l'obscurité, liés l'un à l'autre par une cheville... Et me reparlera t-il de l'heure du Loup, quand l'esprit se présente à l’orée des bois froids dans le vents glacé des cœur morts ?
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Mer 7 Fév - 15:19
XVI. Le jour du Corbeau


Rien ne dure, tout finit par sombrer dans le Vide de l’Éternité et des Ténèbres Extérieures, s'effacer comme une mémoire fragile happée par les sables abrasifs qui chargent le vent. Comme la chair s'arrache sous la tempête, tout se brise et s'envole, insaisissable. Et pourtant, paradoxe, rien ne passe jamais précisément parce que tout dure : tout reste gelé dans les cycles et dans la matière pour l’Éternité. Chaque coups reçu par l'âme marque la chair, indélébile ; chaque coup reçu par la chair fend l'âme irrémédiablement. Il est des liens bien plus intimes et bien plus resserrés que les sensibilités limitées de l'Homme dans sa vie de mortel, cela sont les points fixes des Cycles, du Temps et de l'Espace... Quoi que la chair cicatrise, quoi qu'elle fasse disparaître, quoi que le Temps emporte, tout perdure. Ce qui est lié par le sang répandu, versé ou échangé ne saurait plus être séparé car à tout jamais scellé par ces marques pour cette vie et les autres.

L'Homme a la vanité – ou la fausse modestie ce qui est pire encore – de se croire moins puissant à infliger ces marques qu'il ne l'est en réalité, ou de s'imaginer que l'on revient en arrière. Cela le dégage du poids de les porter, de l'angoisse de l'inquiétude, préférant arborer avec fierté, les cicatrices physiques de ses combats contre le monde mortel ou ériger des murailles autour de son corps ou son cœur. On s'imagine pouvoir retourner les Temps sans conséquence, mais le Dévoreur -Aforgomon entendu soit son Nom!- est seul juge à cela et le châtiment est cuisant. Si on voulait tout effacer, véritablement revenir sur les marques faites à nos âmes et de nos chairs, alors il faudrait que nous nous effacions nous même de l'existence entière ! Que la possibilité même de notre existence soit retirée du Temps, car rien ne passe, même avec la mort.

Le prix est toujours élevé. S'il faut du courage pour se donner la mort, il en faut plus encore pour surmonter la douleur. La douleur physique a toujours des gémissements à exhaler, des larmes à répandre ; la douleur intérieure n'a souvent ni la consolation des gémissements, ni le soulagement des larmes... La douleur véritable, c'est le Vide. J'embrasse la douleur comme j'embrasse le Vide, chair arrachée par les sables du Temps, âme lacérée, mémoire brisée et perdue parce que tout passe et que tout dure. Tout est Un. Le repentir seul ne sert à rien, on ne peut acheter la grâce par le repentir, pas plus qu'on ne l'achète avec des serments devant les dieux car ils n'interviendront que si on les y force ou pas du tout. On ne peut pas acheter le repentir du tout. Tout ce que l'on peut espérer, c'est de pouvoir chérir les marques dans l'âme et la chair qui perdurent encore et encore, et les accueillir avec une joie comblée et une douleur mordante. L'enfer réside dans un cœur vide.
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Dim 11 Fév - 17:57
XVII. Le jour du sang de la rancune.



Le cannibalisme et le fratricide sont à proscrire des sociétés un tant soit peu civilisées. Je ne suis pas d'accord. Je ne peux qu'imaginer le lien, alors qui nourrit deux jumeaux et l'amour que d'autres se conditionnent à nourrir pour leur propre sang. Mais ces bonnes pensées sont vite passées lorsque l’on considère que, dans le ventre de la mère, vous avez un jumeau qui boulotte l'essentiel de la nourriture communément destinée à votre chair à tous les deux... Un cannibalisme égal qu'ils nourrissent l'un l'autre. Un "partage" à sens unique dictée par la nature du plus fort. Un homme haineux refuse même à son frère.
Oui je peine à comprendre mais il me revient depuis le fond de ma mémoire brisée, un autre temps,  un amour et une haine, aussi ardent l'un que l'autre, pour un frère perdu, arraché et vendu... Ou peut -être est-il un fils que j'élevai entre mes bras ? Amour et haine sont une même chose et le lien entre deux âmes frères ou sœurs, gouvernées par l'une ou l'autre, est pareillement puissant !

Nos affrontements avec les esprits du sauvage nous ont enfoncés dans une prise de position hasardeuse, douloureuse, dangereuse. Je désespérai à traduire la dernière tablette et envisageai un rituel puissant pour convoquer l'esprit du Pèlerin qui me poursuivais. J'eus conscience immédiate de sa tentative d'intimidation et je m'astreins à protéger les miens. Runes gravées, sang des sacrifices et seuils de sel et de fer, fermèrent chaque issues de notre havre à ses tentatives !
Je saisis qu'il y avait une opposition, la prophétie m'apparaissait claire là-dessus, ce dont je doutais, c'était la position exacte de témoins ou d'instruments que nous étions sensés occuper. Je refusai de prendre le risque de remettre le troisième élément du triptyque à la Fauve car je n'en doutai pas, armée du sceptre mystérieux et de cette tablette, elle retournerait à l'autel du Bois des Mélopées sans tarder !

Impensable d'offrir, à aucun de ces deux esprits liés au Seigneur des Bêtes, le moindre ancrage et la moindre prise sur nous ! J'avertis Ma Chair de cela et le Fils du Shaman, qui me confirmèrent certains de mes doutes. Ainsi, je pris la décision de mettre en place mon rituel et retournais voir Ygväsdr pour obtenir son concours. Ce que je m’apprêtai à demander me coûterait cher et j'étais prête à payer cela ce qu'il faudrait... Ma collaboration avait été par deux fois refusée, et j'avais besoin d'un homme à qui je fasse confiance, et d'un dont je puisse être sûre. deux donc...
Hélas, les deux esprits frères, enfants du Maître du Sauvage, trouvèrent reflet dans les jumeaux comme je l'avais pressenti et comme j'avais tenté d'en avertir le Jarl... La discorde était déjà semée dans les cœurs et il nous faudrait danser dans le chaos.

Chaos il y eut puisque, même si à mon sens le rituel fut une superbe démonstration de force ; Ygväsdr prit une série de décision qui me priva de ma mesure, de ma bienveillance et de mon Temps. Le chapitre précédent, ardent et confus de ce journal en garde trace. Les révélations que je fis alors à Ma Chair restent entre lui et moi... Mais nous avançons.

La Voix des Morts finit par me convaincre de retrouver celui à qui mon âme par mon corps était liée désormais, au cercle des épées pour suivre son plan. Il ne m'en avait rien dit mais il fit bien ce que j'imaginai, même sans en connaître les détails !
D'un coup de dague et sous les yeux de son frère il s'ouvrit le ventre en sacrifice, payant par son sang et ma douleur, la rédemption aux yeux de l'Aigle de Lumière... Mais le reflet du Loup et de l’Aînée était déjà attaché à nos destinées.

Les jumeaux, dans les mythes sont autant une bénédiction qu'une perversion de la nature. C'est un couple d’opposés : matin, soir ; noir, blanc ; ténèbres, lumière ; naissance ; résurrection...
A quoi s'attendait-il aux yeux de ce frère détourné par une telle démonstration ?
Arnleif jura par le Père du Givre que le Gel l'emporte, il cracha salive chargée de haine et promit de lui fermer les Portes ! Ensuite il renia son sang sous le regard témoin des guerriers de l'honneur du passé, la Voix des Mort et moi-même !
En plus de la douleur infligée à son corps, je me chargeai, de celle infligée à son âme, mais cela, je jurai de le sceller entre mes lèvres closes... Cependant, il me fallut bien délivrer le message de malédiction à Ygväsdr, inconscient, qui n'avait pu l'entendre. Le Corbeau est sur le seuil, transmettre les messages, voilà ce qu'il fait...

Mais si le Frère des ténèbres désormais abandonné par son reflet vola en éclat dans une grande dignité, je retournai au cercle afin de tenter de connaître la malédiction et sa nature. J'étais convaincue que le petit ours n'avait pas été entendu par la Chose des Neiges mais je savais aussi qu'un serment fratricide, prononcé dans le sang, au cœur d'un lieu de pouvoir, sous le regard témoin des morts serait entendu par quelqu'un, ou quelque chose...
Voilà ce qu'ils dirent :
Les voix resteront silencieuses
Au sujet des mots prononcés
Par la bouche du frère opposé
Sous le regard témoins des guerriers
Au cœur du cercle des épées.

Les frères aux âmes belliqueuses
Ne sauraient être déliés.
Le sang dit toujours la vérité
Les jumeaux à jamais liés

La traîtrise est aux âmes vaniteuses
La colère dans le trouble venu écorchés
L'épreuve est leur dans leur lien érodé
Car dans le sang s'écrit la destinée

Cela, je le gardai pour moi. Si j'avais eu l'intention de dissuader mon ami... De dissuader le Loup Blanc de faire couler de sang de son frère, après cela, je laissai la main à la Destinée et refusai d'intervenir. Quand je l'interrogeai, il sembla déterminé et je lui dis alors ce que je pensais de la malédiction prononcée par son frère et de mes doutes : Je ne crois pas que le Père du Givre ait entendu la querelle, mais la magie de ces terre rend toute chose incertaines. Si de tels Mots sont prononcé alors, ils sont entendu quelque part, par quelque chose, quoi que ce soit... En revanche, je jure par le Nom du Dévoreur que le châtiment sera cuisant si c'est Arnleif qui s'en tire debout.

Il demanda finalement mon hospitalité dans le sud et je sus que cette simple question lui coûta tout ce qui lui restait. Je la lui accordai avec bonheur car, il me faut bien avouer que l'homme agite mon esprit, mon cœur, mon âme et ma chair dans tout ce qui fait de moi ce que je suis. Parfois, je le sens même sous ma peau ! Les paroles échangées ne furent que des échardes et des esquilles qui nous écorchèrent tout deux alors que nous cherchions chaleur et douceur : deux bêtes incapables de ranger griffes et crocs. Il agite la mémoire de ma chair au point que les souvenirs bouillonnent anarchiques.

Depuis deux nuits, je fais un rêve alors que je dors non loin de mon alter-ego... Il est en colère, il me prend de force dans la neige glacée du nord, sans doute pour faire taire mes caquètements de mauvaise augure. Le sol gelé dans mon dos me fait mal et j'ai la rage au cœur ! Ses dents ravagent ma nuque et mes serres se plantent dans son dos sous les coups de reins animaux... Les cris, les râles quittent nos gorges muettes dans un silence fracassant. Je fixe le ciel. La nuit est profonde. Plus profonde que je ne l'ai jamais vu. Sans aucun astre ! Pas la moindre étoile, juste les ténèbres insondables et opaques ! Alors que l'homme, brutal, me laboure et que je dévore l'instant avec avidité, je plonge mon âme et mes yeux dans ce ciel opaque ! Alors, l'espace liquide au dessus de nous se mets à couler ! Dans une luisance sinistre le ciel liquide coule sur nous comme du plomb fondu. Ce goudron noie nos ébats furieux et désespérés, nous étouffe, et le carcan gelé se resserre dans un cri, un appel au-secours que je ne peux entendre !
Quelque chose arrive, quelque chose d'autre... Ce n'est pas fini. Je dois savoir si c'est là le signe du Destin que j'attends : le « Pourquoi » qu'il me manque ? Cela a t-il un rapport avec le rêve envoyé par la Morte au sujet de mon autre frère ? Ou cela est-il le signe d'autre chose encore : une augure bien sombre qui approche ! le Destin, l’Éternité... Toujours.

Je sais ce que j'ai vu, quand Arnleif accepta à l'arrachée de me conter sa vision sous lotus, parcellaire mais assez pour m'éclairer ! Il se vit sous le regard imposant d'Ymir se réchauffer au grand hall du Valhalla et pourtant... Pourtant cette histoire ne fit aucun échos et je sus alors que c'était bien au Jumeau des Ténèbres qu'il fallait que je m’intéresse... Ymir n’accueille pas les guerrier à sa table. Celui qui Marche avec la Mort les sert dans ses plats, dévorés au gel ! Ce que je voyais dans la lumière de l'autre, éclairait l'ombre du second ! Chaque mot que j'ai prononcé à son égards depuis que mes yeux ont croisé les siens sont vrais. Chaque paroles prononcées au-dessus du feu existent et sont actées, gravé dans la chair. Aussi, comme je l'ai déjà dis lors de notre entretien dans son hall, devant sa cheminée : s'il refuse de croire, alors j'ai assez de foi pour nous deux.
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Jeu 15 Fév - 20:05
XVIII. Le jour de la Famine
Cette note rédigée sur un parchemin libre ira rejoindre mon codex quand je redescendrai dans le sud. J'y joins les glyphes laissés par Calenzhar dans sa cellule



Le désespoir compose, avec l'avidité, un assez beau lyrisme et l'on désire toujours par dessus tout inaccessible. Ceci dit, il existe un mot qui désigne simultanément l'acte de donner et de prendre, la charité et l'avidité, la bienveillance et la convoitise, la félicité et la destruction : c'est mot amour.
Quelque soit cet amour, quelque soit son nom ou sa nature, il est une lame toujours à double tranchant et c'est avec elle que l'on s'écorche encore et toujours.

Le jeu de dupe de l’Aîné n'avait jusqu'alors qu'à peine écorché le vernis de nos angoisses. Vint l'heure du loup et l'invitation fut entendue par tous, menés par la voix d'Ygväsdr et par ma foi. Tous répondirent à l'appel, les Frère d'Exil, ce qui restait de Bjornkriger et mes sœurs. Nous fûmes rejoints par un guerrier fort du nom de Thorgaros qui ne tarda pas à rejoindre Mathghamhain et son compatriote en ces murs. Nous tentâmes de comprendre, de dénouer les fils enchevêtrés du tissage du destin et de la prophétie. Encore une fois, l’Aîné ne nous apporta rien, rien d'autre en tout cas que de misérables sarcasmes même pas dignes d'un sous-homme alors qu'il se prétendit engeance d'un dieu ! La Bête Fauve fut présente comme il été prévu avec la tablette et le sceptre propulsée invocatrice de l'esprit loup sans même savoir ce qu'elle faisait ! Pour elle, peut-être, la meilleure fin qu'on pouvait lui souhaiter la rattrapa à l'issu de cet échange stérile : rejoindre l'esprit qu'elle avait de cher à son cœur, enfant de Jhebbal Sag.

Mais toujours le Frère des Ténèbres cherchait à affronter son sang et il lui fallut attendre encore. Nous courûmes après les autel des 4 Hérauts cherchant à savoir s'il fallait ou nom ouvrir les sceaux. Nous ne voulions pas faire le jeu de l'Ainé mais il apparut rapidement, hélas, que nous n'avions aucune opportunité de nous armer contre sa volonté et ses manipulations. A l'heure actuelle en tout cas. Plus tard je trouvai un moyen en contraignant le mort Deucalion à répondre mais très vite il fallut partir à la course pour déjouer les oracles. En échange de secret le Corbeau éclaircit la voie. J'avais entendu dans les mots de Deucalion, la venu possible du Dévoreur et de la fin des temps que j'appelle mais je compris hélas, que cette version de l'apocalypse n'avait rien de la révélation que j'attends. Nous décidâmes, tous, de mettre à bats les quatre hérauts de cette prophétie. En agissant unanimement contre tous, ne faisions nous pas, quoi qu'il arrive, le jeu du Loup ?
Pressé de régler ses comptes mon Guerrier Blanc n'avait que son duel en tête et pourtant, resta plus lucide qu'il ne m'ait été donné de voir pour un homme dans ces circonstances. Enfin lucide... Pour ce que j'en sais. Nous n'avions pas de temps à perdre en considération car, de toute manière, l'autre frère s'était voué à l'Ours, espérant la force.
Nous terminâmes par rejoindre le haut de la tour où attendait le Héraut de l'Ours. Le duel des frère prit place et chacun de ceux qui avaient promis de ne pas intervenir se tinrent droits. Le stress l'angoisse qui battaient dans mes temps continrent la douleur qui mordait les chairs de mon champion. Une insulte prononcée par le Héraut fit voler en éclat l’ego de Gladius et la scène se changea en mêlé ! Le frère délétère abandonna son combat se jetant sur moi. J’esquivai le marteau et il fonça sur ma sœur. C'est Xin Tua qui priva les jumeau de l'issue du duel défendant sa vie. A l’accalmie, le bouillonnement qui quitta mon sang ne tarda pas à me rappeler que ma volonté n'est pas tout à fait inviolable et je m'écroulai, je crois...

Je ne me souviens de rien, de rien d'autre que la douleur et une profonde terreur qui m'était inconnu depuis bien longtemps. D'où vint-elle ? Ma chair se rappelle de la peur, de l'horreur sordide et des fers solide autour de mes poignets. Ma mémoire hurle la douleur et la terreur de rester enfermée toujours, torturée jusqu’au néant et pourtant, je ne me souviens que de ma ferveur et de ma rage en réponse à la peur. Serait-ce là, la dernière fois que j'ai eu peur ? Je me souviens avoir hurlé de toutes ma hargne et je me souviens, confuse d'avoir reconnu Ma Chair dans les traits de l'homme qui me mettait au tourment ! Puis-je suis revenue dans mon Temps et je me suis écroulée de douleur.
Après ces mésaventures, tout augure maintenant l'éveil du héraut de la Chauve-Souris, avatar de la terreur.

Il fallait du repos, le temps du deuil et du soin était nécessaire ! Ygväsdr vient de perdre un œil et un frère et ni lui ni Lokias n'ont plus de foyer où retourner, même si le skald désespère de faire battre le cœur de leur ancien village, ce n’est pas là qu'il trouvera son foyer. Je crains toujours pour la destiné d'Ygväsdr car le sang à verser lui a été enlevé par la chair de ma chair... Alors quoi ? Si la boucle est brisée, pourquoi le ciel coule t-il encore ?

J'appris plus tard, à mon grand dam que Gladius était au tourment, bien plus que je ne l'imaginais ! Nos dernières conversations m'avaient semblé sereines, claires comme le cristal, douces et chantantes. Je vis sa colère et je le suppliais de comprendre mes choix. Je tentais d'expliquer de lui faire comprendre, mais le sang des disciples de Set ne peut saisir le sens de la renonciation et de la négation de soi même ! Pourtant il revint apaisé et il me dit comprendre et soutenir. Quelque chose à changé, quelque chose a mélangé son esprit et j'ai mal. Je sens que Ma Chair se perd dans le noir et la Douceur de la lumière de la Lune peine à lui montrer le chemin au milieu du Chaos. Je ne sais dans quelles ténèbres il s'enfonce mais j'ai idée que je suis la seule à pouvoir aller l'y rechercher. J'ai proféré face aux Ténèbres Extérieures que je l'aiderai à accomplir son destin et il est grand ! Hors de question que la confusion le perde 

Je crus perdre l'amour de ma sœur Chikere à cause de mes décisions qu’elle n'approuve ou ne comprend pas. Elle me rapporta les nouvelles de sa découvert à Xullan. J'exultai de joie et de reconnaissance quand je compris que le rêve apporté par la Morte était bien vrai et que Calenzhar était là, quelque part ! Ma douce sœur vint avec l'épée brisée de notre frère et les runes de son rituel ! Après notre discorde je lui racontai tout ! Le lendemain je ne la revis pas, ni chez nous, ni à sa boutique à Mathghamhain. Mais je trouvai vite un message à mon étude. Je le joins :

"
Je refuse de m'enfoncer plus dans votre folie. Je t'aime, sœur et je ne supporte pas d'assister à ça, impuissante. Alors je suis partie. Pour moi. Pour accomplir quelque chose par moi-même. J'espère rentrer dans quelque jours mais seul le temps le dira"

Si je lus ces lignes d'abord avec une profonde tristesse de lui faire tant de mal alors que je n'en souhaite rien ; mais ensuite je me réjouie car ce dont ma sainte sœur avait besoin c'était d’une quête, d'une initiation véritable et de suivre sa voie dans celle de Yog ! Merveilleuse, sublime courageuse sœur qui part sur les traces du frère qui t'a précédé toi qui est à sa juste place à ma droite où il se tint autrefois auréolé de foi ! L'esprit de Calenzhar le Faucheur, Orphelin du Dieu Mort, puisse t-il t'accompagner dans ta recherche et ta compréhension du vide ! Puisse la Forge d'Ymir révélé à tes yeux ce qu'elle a révélé au sien sur les Ténèbres Extérieures ! J'ai foi ma sœur, tu reviendras et je t'aime ! Je t'aime dans tout ce que tu es, fus et sera ! Tu es belle ! Tu es tellement belle et je suis tellement fière !
Je sens la forge à travers toi et à travers ta chair ! Je sens tes efforts ta sueur et ta faim dans mes rêves, et je suis avec toi ! Chacune de mes respirations t'accompagne !

Viendront ensuite, les nouveaux buts, les nouveaux désirs et le nouveau cycle, celui-ci enfin brisé ! Néanmoins, le temps doit faire son œuvre. Le Loup Blanc en faiblesse vint se réfugier près de mon foyer offert. Notre lien aujourd'hui est lié dans la toile étroite du destin plus que jamais. Je lui ai donné la dernière chose qui était à moi, en échange de la dernière chose qui était à lui et il n'y a pas de retour possible sur ce paiement excessif. J'ai donné ma liberté et par la même, celle de mon corps et de tout ce qui brûle sous ma peau. Je ne regrette rien !
Je suis riche de tout ce qu'on me donne, et ce qu'il me livre est précieux, j'en prendrai soin ! De toutes les marques dans ma chair, celles partie intégrante de mon âme, aucune ne me rappelle pareille passion ni pareil renoncement de soi ! Je suis heureuse. Je me suis égarée un instant, avide, triste et dépossédée mais c'était pour m’apercevoir que c'est là mon nouveau chemin dans le Destin ! Je ne suis plus l'Anachorète, prêtre prosélyte errante et sans chœur. Je suis autre chose. Je deviens.
Il me reste alors à apprivoiser une nouvelle Faim. Cette faim du Vide que j'avais maîtrisé et presque oubliée. Cette faim du Vide qui ne saurait être apaisée que par la débauche, les festins et les massacres ! Je la connus autrefois quand ma chair reçu la marque de la communion de la chair, mais aujourd'hui, c'est une nouvelle étape et cette faim me dévorera jusqu'au bout où enfin, je serai tout et un !
Il croit que je le tourmente par une gourmandise sensuelle, une simple envie. Mais c'est autre chose... Bien plus profond. C'est la marque que Yog en moi : le Vide intense et implacable de ce à quoi mon âme est vouée ! Je ne peux rien contre cela, ça ne m'appartient pas. C'est une faim si intense qu'elle m’en retourne les entrailles, une faim si ardente que je serais prête à lécher des pierres si là était ma seule nourriture... Elle me brûlera ! Elle me tuera ! Elle me rongera jusqu'à réclamer la moindre miette qu'on lui veuille bien céder ! Un jour cette faim sera trop forte, même pour ma volonté et il devra me briser les os pour m'arrêter ! Aujourd’hui je jeûne et, tout ce qui apaise la Faim parait bon...
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Mar 20 Fév - 18:08
XIX. Le jour du départ



Les départs donnent souvent l'illusion d'une renaissance. Certains imaginent quand changeant de lieu, en changeant de famille ou de sœur il trouverons un nouveau départ. Ce n'est en fait jamais les autres que l'on quitte, c'est soi-même que l'on fuit. Il y a ceux qui fuient, ceux qui meurent et ceux qui se perdent et finissent par être retrouvés, ou pas. Je ne suis jamais partie, je me suis efforcée de restée toujours debout dans la tempête ; lien entre chacun et le monde, passerelle dans le temps. Moi je suis toujours à ma place. Ici et maintenant. Mais j'ai mal.
La plus grande souffrance est de se sentir seul, sans amour, abandonné de tous. Cependant, j'ai découvert que quand on s'abandonne soi-même on ne souffre pas. Même quand on s'abandonne à la tristesse on ne souffre plus.

Je suis seule. Xin Tua est partie : elle est partie se perdre pour se retrouver. Chikere est partie : elle a fuit pour ne plus souffrir. Moi je reste. Si aucun en saisissent l'importance d'être là, debout, point fixe immuable hors du temps alors que tout bascule dans la tempête, que le chaos vient en charriant la Terreur et que le Ciel Coule, alors qu'à cela ne tienne. Je suis là, quoi qu'il en coûte et je ne souffre pas car je me suis abandonnée. Je suis heureuse, pleinement. Je ne suis plus l'Anachorète, prêtre errant et sans chœur ; j'ai trouvé un chœur car j'ai donné à d'autres la foi, peu importe qu'ils partent ou qu'ils restent, ils m’emportent avec eux dans la tempête !
Quoi qu'il advienne maintenant, et si tout doit retourner à la poussière et au Temps alors je bâtirai à nouveau le chœur ! Je recommencerai ! Je saignerai pour elles !

J'ai Faim, aussi. Quand j'ai envoyé Ygväsdr dans la quête de sa malédiction je ne m'attendais pas à ce qu'il revienne couronné Prophète du Givre par le Géant du Gel en personne. M'attendais-je déjà à ce qu'il revienne seulement ? Non... Mais il a une destinée, plus importante que ce que moi je veux et elle ne doit être entravée. Chance, j'avais raison de l'y envoyer et d’avoir foi en son retour ! On ne choisi pas d'être couronné. Ce qu'il a rapporté a agité mes sangs et je n'ai aujourd'hui que des certitudes le concernant. Le rêve est le signe d'une union sacré qui dépasse mes sentiments, quoi qu'ils soient absolus à son égard. Je croyais que la Chasse apaiserait mon désire et ma fébrilité, noyés dans le sang et la mort ! Ce qui calma un peu les battements dans mon ventre fut ce qu'il me céda... Cela et rien d'autre. Je suis déjà à lui : Il a attiré mon attention la première fois, jetant son sang à mon visage comme un appel. La seconde fois, il a insisté, m'incitant à inviter le froid en moi, - à l'y invité lui en moi- traçant une rune sur mon front et j'ai répondu, affirmative, par nos sangs mélangés ! Il a fait sa demande quand il s'est gravé dans ma peau ! Il m'a épousé, quand il a passé sur mes épaule la fourrures blanche, appelant une reine à ses côtés et actant l'union par un baiser sanglant et brutal ! Le reste ne fut que confirmation de ses vœux. Que faut-il encore ? Des serments et des preuves qui ont été mile fois donnés pour un homme en mal d'être rassuré ? Soit... Depuis la marque : je jeûne, presque vierge à nouveau. Je me suis abandonnée et je ne souffre pas, bien au contraire. Il est parti, pour mieux revenir. Je ne bouge pas de ma place, encore et toujours aussi versatile qu'immuable.

S'il en est un qui reste, malgré tout ce qu'il dit, tout ce qu'il crie, c'est Gladius, champion du Serpent, et ses visions de folie. Gladius reste, celui qui prête attention à mes silences comme s'ils hurlaient et je ne saurais lui cacher longtemps la détresse qui m'habite. Il est venu, mesquin et colérique réclamer ce qu'il me dit lui devoir. On ne marchande pas ce qui sera donné. Je n'ai pas encore décidé de ce que j'allais faire pour la prophétie, mais certaines choses m’apparaissent claires :
- Je crois que l'Aklo est une arme affûtée qui doit être confiée au bon guerrier ! J'ai promis cela à Gladius car depuis le jour où j'ai commencé à tisser les fils de sa destinée, je savais qu'il en aurais besoin. S'il est bien le champion du Père de Tous les Serpents alors je suis bien à ma place de Tisseuse, et ce depuis le début comme je lui avait assuré. Il m'appartient de remettre la bonne arme au bon guerrier, au bon moment !
- Je sais que le Dévoreur a besoin de notre dévotion ! Il nous faut Le nourrir ! Voilà en quoi le départ de mes sœurs est une tragédie ! Seule la tâche sera des plus rude... Mais je suis là ! Les tambours continuent de retentir sur la côte ! La Chasse a repris sans interruption ! Les Rites remplirons de fumée noire et de l’odeur des corps dussé-je m'y consacrer jour et nuit ! Je m'y épuiserai ! Je me nourrirai de leur chair ! Je nourrirai le Dévoreur et sa puissance et Il me reconnaît dans ma chair ! Si ce que dit la prophétie est vérité -et je le crois- alors plus que jamais les tambours doivent retentir et le ciel se remplir de l'odeur de la chair et de fumée. Je traînerai dans mon sillage le sang, la mort et les massacres, seule s'il le faut ! Je prie, et j'appelle le Nom de Calenzhar dans le Vide ! Je sais qu'il entendra. Je sais que où qu'il se soit perdu, il retrouvera son chemin vers moi. Et si, à la fin, il n'y a plus personne debout pour brandir sa lame alors c'est moi qui la tiendrai à bout de bras, peu importe son poids ! Tout cela ne m'appartient pas, cela appartient à la destinée et j'ai Foi.

Ô Dekara, douce sœur que ta monstruosité brutale me manque ! Dans mes chasses j’amène avec moi ton bras terrible et ta Faim inextinguible pour me rappeler et je dis ton Nom ! Dékara la Dévoreuse, chair de ma chair, fille de Yog, chasseresse cruelle ! Quand je chasse avec ton Nom, je suis une bête ! Je suis la Faim ! Je suis debout ! Je suis vivante ! Je suis ici et maintenant ! A ma place, au bon endroit, au bon moment !
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Mar 27 Fév - 15:31
XX.

Note griffonnée avec une écriture pressée et fébrile :

Dague des Jours sans Noms
NE PAS OUBLIER ! Quoiqu'il soit advenu durant ma transe – je le saurais tôt ou tard- il faut que je m'assure de me souvenir de ce que j’ai vu.
Je prépare le rituel. Je pose la dague, prend le lotus et le Liao... Je glisse dans mon Temps, tout est présent et passé en un seul endroit maintenant. Je glisse sur le Voile blanc de Tawil At ' Umr, le Plus Ancien jusqu'à l'objet, jusqu'aux mains qui l'ont façonné. Je suis l'ancre, la passerelle, je suis le passage, le Corbeau qui traverse par le Nom du Maître du Temps.
Ici l'écriture de l'ancien Naacal, hiéroglyphes de la mystique et mythique Mü ! « Dans le berceau des Jours sans Nom, le Léopard du Miroir Fumant mange la lune et le soleil, il n'y a pas de commencement, il n'y a pas de fin, les bouches invisibles les dévorent de chaque côté, comme prélude à un baiser hideux. Vous les verrez à temps. »

Je vois le fou, il grave la dague après l'avoir forgée ! Il sait ! Il sait que le temps que nous percevons, mortels, n'est rien. Il sait que nous sommes en dehors de son lit. Toutes les choses sont arrivées par le passé. Toutes les choses arrivent maintenant. Il a compris que Tout et Un et que le Temps est passé, présent et avenir en un seul endroit, un seul moment. La dague, est enfantée par le Chaos et accouchée par la Folie. Elle se forme, se façonne à partir d'une vision : ce qui a été vu ne saura être oublié car derrière le Miroir il y a la Vérité ! Il a VU ! Je suis lui, dans son temps et je vois :
Alors, c'est un grand homme qui boite portant une coiffe aux plumes brillantes et un miroir noir brillant à la cheville qui avance. Le Chaos Rampant dit que sous ce masque il règne sur le continent ancien et qu'il boit le sang de milliers de sacrifiés pour l'apaiser ! Je vois ! Je sais son Nom et son évocation ! Le Démon aux Milles Masques et aux milliers de Noms ! Le Pharaon Noir, la Bête Sans Visage, la Chose des ténèbres... Le Messager des Dieux enchaîné à la cour grotesque et démente du Sultan des Démons bercé par la musique dissonante de sa cohorte de flûtistes aliénés ! Son nom est Ténèbres, Folie, Tromperie et Chaos ! Son nom est Tezcal... Non. Ne pas l'écrire, pas véritablement, pas avec les bons signes ! Ne pas l'appeler ! J'ai prononcé son nom, je l'ai confié à un autre et je le garde à moi car le possède désormais ce nom ! Par son nom je sais ce qu'il est :

Il se manifeste sous la forme d'une ombre, erre dans la nuit sous forme d'un géant portant des voiles gris cendre et transportant sa tête dans sa main. Il existe aussi sous la forme du Miroir Fumant, comme un grand homme coiffé de plumes portant un miroir noir qui peut parfois remplacer une partie de son corps. Il est toujours associé au jaguar et les légendes disent qu'il peut contrôler les félins !

Quoi qu'il arrive, le voir provoque un choc et une terreur indicible ! On murmure dans le vent que certains sont littéralement morts de peur. Tous ceux qui regardent dans le Miroir Fumant ont des visions cauchemardesques, de folie et de royaumes étranges. Ils contemplent les profondeurs indicibles de leur propres folie au travers du miroir pour être par la suite hantés par des cauchemars et des terreurs nocturnes.

Ma Chair, mon Ombre a pris l'ombre et la corruption pour me l'épargner ! Ce n'est pas ce que je voulais ! Il ne devait pas payer ! Je n'ai pas pu l’empêcher ! Je t'en prie Gladius... Je t'en supplie car je sais ce qui se love dans les replis sombres de l'univers... Je t'en supplie, ne regarde pas dans le Miroir !
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Mer 28 Fév - 21:32
XXI. Le jour de l'incertitude



La pensée naît du doute. Le doute c'est la peur distillée... Si le doute est le père de la création autant qu'il le mensonge de la raison, ce n'est pourtant pas le doute qui rend fou : ce sont les certitudes !

Je traverse une chose qu'il me semblait ne pas connaître. Cependant, j'ai déjà vu les rivages du doute auparavant et m'y confronter à nouveau les rappellent à ma chair. Je redoute l'incertitude et la faiblesse de l'âme qu'elle charrie avec elle : une faiblesse pire que mortelle dans les circonstances. Le doute est en fait le pire de tous les maux car il rassemble et les confronte tous !

Ce qui m'attend est un combat incertain et l'échec est inenvisageable. S'il pourrait signer mon arrêt de mort ce serait encore le plus doux des châtiments, le moins douloureux et le moins permanent. Je ne crains pas la mort car la mort n'est pas une fin en soi mais il existe tout un nombre de possibilités infinies. S'il est une arme que je dois brandir dans ce combat c'est ma foi. Une foi inébranlable en mon propre pouvoir, en ma force en ma chair. Cette force qui habite mon âme par la puissance de YOG-SOTHOTH -Puissance est son nom ! - est dans ma Chair par les Rite, par la Chasse et parce que j'ai VU le Gardien du Passage et ses Vérités ! De cela je ne doute pas. Ma Chair, Sa Chair, celle de Yog. Son Nom est Pouvoir, Puissance et connaissance. Je suis Pouvoir, Puissance et connaissance !

Plus je réfléchis à ce démon qui guette et à ses filles -ou ce qu'il en reste- plus je doute et cette graine est perdition ! Je vais faire en sorte de corriger cela... Je vais chasser chacun de ces doute, un à un. Les créatures démoniaque se nourrissent de nos doutes et de nos désires. Pas doute, pas de prises. Pas de désire, rien à négocier ! Ne rien vouloir, ne rien désirer, ne rien craindre ; je serai le Vide, l'Absolu, l'Infini des Ténèbres Extérieures chargées d'étoiles. Il me faut simplement être, ici et maintenant, au bon endroit au bon moment. Ma plus grande force est et a toujours été ma force de volonté et c'est une arme que craignent les démons et les hommes ! Le jeûne de ma chair devient alors une autre de mes armes : l'Importance de la Renonciation ! Je le savais déjà mais le doute s'est insinué. Ce qui a semblé être une épreuve ou une difficulté, peut-être même à un certain moment un tourment tyrannique, est désormais Force, Puissance et Volonté !
Je doute de ma chair, de celles de mes sœurs ? Non. Si nous somme Une seule Chair, celle de Yog alors il n'y a pas lieu de douter car j'ai pour moi dans ma chair la puissance de Milliers ! Ce qui est une douleur devient Force, Puissance et Volonté.
Quelque soit les doutes qui m'assaillent sans cesse et que j'ai sans cesse accuser avec résistance depuis que le Loup s'est présenté sous le kiosque alors tout cela, je le laisse glisser sur moi dans les flots de sang versés au nom du Dévoreur ! Que cela coule et s'en aille j'en fais offrande !

Quand il se présentera mon esprit sera vierge. Vierge de doute, vierge de désirs personnel, vierge de projet. Juste moi et le Vide. Uniquement des certitudes et la Folie de danser dans la tempête ! Tout le reste suivra ! Yog est Tout et Un, la Chair, la Volonté ! Ma Chair est celle de Yog, le Tout ! Je me prépare puisqu'on ne m'accordera pas de savoir et de dissiper mes doute avant la bataille. Peu importe après tout, la foi ne se satisfait pas de réponses ou de preuve, la foi se suffit à elle même et elle est clarté, fondation et force de certitudes ! C'est la foi même qui forge les Dieux !

Ma chair se souvient du Nom des Dieu ! Elle se souvient les appels aux choses venues d'au-delà des ténèbres et que je fait plier ! Elle se souvient de ce que j'ai traversé ! J'ai défié des sorciers, des prêtres jusqu'au cœur de leur temple, j'ai parcouru le Rêve, j'ai descendu les 70, puis 7, puis 700 marches qui mène au sommeil profond, arpenter jusqu'à la mystérieuse Kaddath en cherchant Leng et le Gouffre, j'ai prié au temple des Cinq Doigts et succombé à la folie ultime rien qu'à entrevoir la Vérité par delà la Porte d'Argent ! J'ai glissé sur le Voile du Maître des Cycles ! Il m'a rendu mon esprit dans une nouvelle Chair sur la croix illuminée ! JE SUIS LE SEIGNEUR DU CREPUSCULE D'ARGENT et ce démon microscopique n'est rien face à Tawil At' Umr le Plus Ancien commandent au cycles et Temps!

Puis-je être purifiée !
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Mar 6 Mar - 1:16
XXII. Le jour des nuits sans repos



Il y a dans la douleur une pureté infatigable, la même que dans la joie intense. La pureté est le pouvoir de contempler la souillure sans ciller et sans craindre de voir son esprit et son âme être tachés car le corps n'est à la fin qu'un lieu de passage. C'est par la foi que l'on traverse les tempêtes, par la force d'âme qu'on y résiste et par la Chair que l'on tient et se renforce.

Mon rituel m'a aidé, plus que je ne le pensais, bien plus que je ne l'imaginais !
J'ai pris le lotus, j'ai battu les tambours et j'ai crié et chanté ! Mon cœur s'est aligné sur le rythme du monde, sur le rythme des étoiles et le rythme de la Chair ! En réponse le cœur vibrant de ma sœur Xin Tua a raisonné dans la chasse au nord ! J'ai appelé la chasse ! J'ai appelé le Massacre et la sauvagerie primale ! J'ai appelé la Première Chasse ! La Première Faim ! Le Premier Rite ! J'ai appelé et ma sœur Dekara est venue ! Ma douce sœur, la première, la seule qui soit restée toujours avec moi même quand elle est partie !
A la frontière du rêve, moi ici, elle de l'autre côté, nous rejouons la première chasse ensemble. Nous lavons les doutes dans les bains de sang des massacres aveugles et avides comme au Kush, comme au premier jour de notre Union ! Le sang bouillant et battant nous parlons, dévorons et chantons ! Elle me raconte Iranon, l'homme éternel qui cherche sa fin et qui lui a fait dont de sa chair qui ne meurt jamais. Ma sœur avec moi la partage, cette chair gorgée de sang qui a le goût lointain de la vieillesse, de l'encens, de l'alcool et des fleurs. Elle a le goût de la joie et de la mélancolie. Elle a le goût d'un coucher de soleil. « Tu l'aimes ? » Je demande. Alors ma sœur s'arrête et elle me répond que oui. Je lui confie que j'aime un homme, pour la première fois, elle qui sait tout de moi.

* A cet endroit, des larme tombent sur le carnet et gondole le parchemin et l'encre. *

Pas comme un amant, pas comme un mari ni comme un frère : complètement dans toute la beauté monstrueuse qu'il charrie ; celle que j'ai vu, celle que j'ignore. Celle qui me tuera peut-être. Elle me dit qu'elle le connais; qu'elle a senti l'odeur de sa chair : il a l'odeur du froid. "Faut-il que tu sois folle ma sœur pour aimer un homme comme lui !" Elle rit avant de me  demander s'il m'aime en retour ! "Faut-il qu'il soit dément pour te le rendre ! " Conclut-elle avec amusement et solennité quand elle a eut ma réponse.
Je lui parle de Kaddath que j'ai oublié, de la Porte d'Argent. Je lui demande si elle a vu la cité ! Elle me dit que non. Mais elle sait que par-delà les vaux noirs, lorsque la nuit est complète, au-delà de la portée de l’œil on peu voir une lueur, une brillance. On dit que Kaddath est là bas. Je ne me souvient de rien d'autre que de l'odeur du dieu mort pourrissant... Ensuite elle me parle des Chats et des Chairs Interdites, celles qu'elle n'a pas encore engloutit ! Elle dit qu'à Ulthar, se trouve entre les griffe des chats le dernier des manuscrit que je cherche ! Je l'ai déjà lu par le passé, maintenant et dans son futur dans la cité légendaire où le Temps n'existe pas ! J'ai retrouvé... Je retrouve... Je retrouverai ma sœur à Céléphaïs la légendaire... Un jour je la retrouve dans mon passé et je lis le manuscrit... Le dernier, celui qui vole mon esprit et mon temps !
J'ai achevé mon rituel près de la fosse et racheté par cette purification de ma chair une virginité artificielle. Je suis pure dans ma Chair, pure dans ma Volonté, dans mon Esprit. Je n'ai plus de doute, plus le moindre. Pas de regret, pas de honte. Je ne veux rien, je ne désire rien, je ne demande rien. Je suis le Vide. Je suis la Chair.  Je SUIS !

Grand bien m'en prit puisque peu de temps après le Capitaine vint à ma porte cherchant mon aide contre une bien sombre magie. La cimmérienne, catin du Jade Pourpre est possédée par un esprit. Si j'en crois ce que j'ai compris, c'est une nécromancienne, vieille comme la Lémurie qui s'est emparé de son corps ! Elle offre à son époux divin et sordide, le cœur sanglant de ses adversaires ! Ici je n'inscris pas son nom et je le garde près de moi comme une arme précieuse mais je peux dire que c'est le nom d'un dieu de mort, pas différent des enfers du panthéon de Zamora ! J'ai lutté malgré les entraves de la Princesse des Putains Nesiris... Et j'ai gagné la bataille ! Mon véritable allié s'est présenté : Akhen-Ré, occupant indésirable de la Dame Chance. Chance oui s'en fut une car si le prêtre de stygie n'avait pas été là le danger aurait été bien plus grand et les conséquences bien plus graves. Mon Bouclier aurait tellement souffert de la puissance que j’ai eu à encaisser ! Je dois parler à nouveau à Akhen-Ré, le prêtre au Caducée d'Argent. J'en viens presque à regretter d'avoir ramener Fortuna !

Les choses ont bougées au sujet des deux mystérieuses dagues. Nous sommes parvenu à un accord, une sorte d'entente née d'un saut de la foi ! Naïm m'a convaincu de bien vouloir parler à sa « mère » ou qui que soit la Princesse des Putains du Jade pourpre. Cela pour le bien de tous car il est embarqué sur le bateau du Capitaine et c’est un engagement dont je ne me déferai pas. Nous devons toujours lutter ensemble contre des démons et des prophéties... L'apprentie sorcière à la manque qui manie les arcanes comme une vulgaire expérience n'entend rien aux choses sérieuses ; néglige la dangerosité réelle de la situation sous prétexte qu'elle y trouve une explication "rationnelle". Sous prétexte que comprendre la mécanique des choses elle imagine qu'elle en a la maitrise : l'arrogante erreur des débutants. La curiosité stupide est stupéfiante, et fascinante, surtout à l'instant de la chute ! J'ai mon idée sur notre collaboration au sujet de la nécromancienne... Je garde cela pour moi.

Je n'ai pas besoin de ça en ce moment ! Vraiment pas ! Il faut que je puisse me consacrer pleinement à Ygväsdr ! Je suis contrariée, frustrée et en colère ! J'ai mal... La douleur me garde concentrée mais le combat avec la chose non-morte et son époux divin m'ont durement éprouvée. Comme chaque coup marque le fer d'un bouclier, chaque choc à mon âme la marque plus durement en les circonstances, il en va de même pour lui, mon Bouclier. Je me tais, je fais silence, je ne me plains pas. L'homme qui occupe mes pensées ignore la difficulté de mes tourments et l'épreuve que représente ces affrontements. Il n'a pas besoin d'imaginer à quel point c'est difficile. Cela, il ne peut le prendre sur lui... Il a besoin d'avoir foi que je réussi. J'ai foi, moi, qu'il fera bon usage de ma liberté et de mon libre arbitre que je lui ai confié.

Il veut en finir "La nuit de la lune de sang"... Je lui ai demandé de me raconter. Mais son récit qui devait nous éclairer, n'a fait que mettre en lumière les zones d'ombres plus profondes. C'est une avancée en soi.
Mes nuits sont agitées de cauchemars, d'horreurs et de hantises comme elle le furent avant ces terres. Mon esprit éclaté peine parfois. Les heures de la nuit où je ne dors pas je réfléchis, je construis des rituels ! Je froisse mes parchemins et je recommence ! Nous avons tenté d'explorer ses souvenirs mais un verrou y a été posé. Je comprends que les choses que j'avais deviné sont plus complexes encore en profondeur. Il faudra les révéler autrement. Plus les choses me semblent insolvables plus je lutte avec force ! Plus c'est difficile, moins je doute. Plus je suis fatiguée, plus je me bas avec ténacité. Qui aurait pensé que de céder mon libre arbitre au Prophète du Gel pourrait être si salutaire pour nous tous ! Si je ne décide rien alors Ça n'a peut pas avoir de prise. Je regarde dans le bleu de son iris et je me souviens clairement de ce que j'ai vu. Mon esprit est plus affuté que jamais. Malgré les épreuves, malgré l'érosion je dois garder l'esprit clair ! Ne pas sombrer. Ne pas cédé. Rester ici et maintenant, ancrée ! Et danser dans la tempête !

Si l'on m'attaque dans mes rêves alors j'ai quelqu'un vers qui me tourner : ma Douce Sœur au Cœur Noir et Affamé...
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Mar 6 Mar - 19:35
XXIII. Le jour du Soleil pâle



Le vrai calme n'existe pas pour ceux qui connaissent la mécanique du cosmos en marche vers le cataclysme, de cataclysme en cataclysme. Quoi de plus merveilleux et unique que d'assister à quelque nouveau déluge, à la chute d'une étoile ou à un cataclysme universel ! Mais il faut être doué d'une force d'âme plus grande encore pour supporter les maux qui s'abattent sur quelqu'un d'autre...

J'ai mal. Je suis en vie. Je suis dans un état fébrile entre ma douleur qui semble à chaque instant être sur le point de me terrasser, ma volonté sans faille qui ne fait que durcir comme une forteresse de certitudes de plus en plus imprenable et la jouissance de ma chair qui me rend plus combative et plus sauvage encore par la délivrance de mon jeûne, enfin ! Je me sens pleine, vibrante, débordante !
Je suis heureuse ! Nous gagnons les batailles les une après les autres. Ce sont toujours de petites victoires après d’âpres combats mais nous avançons ! La demande de l’Œil de la Vigie nous a mené à un rituel nouveau. J'ai ouvert le verrou libérant ce qu'il y avait au-delà de l’œil bleu et de son reflet. L'homme est libre désormais et je l'ai libéré de ses entraves. De cette « bonne nouvelle » il faut se réjouir en gardant à l'esprit que c'est la véritable guerre qui s'annonce et que les batailles arrachées chèrement auparavant n'étaient que des escarmouches ! J'ai foi en Ygväsdr, il est fort ; mais je sais reconnaître la dent carnassière de la folie qui ronge l'âme et l'esprit comme les rats grignotent les bibliothèques oubliées... Contre cela je ne pourrai rien car c'est le prix de la vérité. La folie, l'incertitude et le doute l'ont conduit à m'outrager, à brutaliser ma chair. J'ai laissé faire. Je sais ce qu'il entreprend à l'instant même où il pose les yeux sur la chaîne. Il me demande : « Tu souffres ? » Je réponds : « Oui, je suis vivante. » Puis je l'averti "Maintenant tu vas être cruel."

Je l'aide à m'attacher à la statu d'Ymir, je l’assiste à m'étrangler contre elle. J'ai foi ! Il ne peut en être autrement ou nous perdons ! Je ne peux pas reculer. Pas de peur, pas de doute, pas de honte, aucun regret ! Que croyait t-il ? Que je recule face à l'horreur, la cruauté ou la sauvagerie ? Il n'est rien qu'il puisse me faire et que ma chair n'aie déjà enduré ! Quoiqu'il en pense, il réside dans l'horreur une beauté si atroce qu'elle en devient sublime. Je sais la regarder en face. Elle est toute ma vie.
Nous luttons macérant dans le sordide depuis le premier jour, depuis la première, nuit depuis le premier cri ! Depuis les bougies, la cheminée et les marques jusqu'à nos ébats furieux -qu'il me domine ou me culbute contre le sol- ; en passant pas les écorchures dans ma peau ou la chaîne sur ma gorge! Tout ne ramène qu'à une seule chose : le premier cri d'une naissance, vierge, pure face à l'horreur et la réalité du monde !
J'ai vu ses souvenirs, j'ai vu les images et je me souviens de choses qu'il a dites dans ses délires. Je lui montre la sauvagerie en retour. La véritable fusion, l'inexistence de la solitude et l'excitation de la Faim !
Ce qui change après cela ? De mes décisions, rien. Pas de regrets. Du reste... Désormais j'ai une arme, un nom. C'est un nom puissant et dangereux que d'autres avant moi ont eu peur d'utiliser mais sur la langue de la Maîtresse des Noms ; une sorcière qui elle a oublié ce qu'est la peur ; c'est une arme à manipuler avec la plus grande des précautions ! Ne pas avoir peur du nom ne m’empêche pas d'en saisir le sens et toute la gravité avec intelligence ! Je l'écris, cependant, avec une aisance un peu arrogante : Häxjagare ! Je l'écris et j'apprends ! Il reste encore une chose à faire.
Démon tu me provoques, tu me hurles que je suis bonne à rien « sorcière de pacotille ». J'ai renoncé à l’ego pour me battre contre toi c'est peine perdue ! Pendant que tu hurles et que tu t'agrippes à ce qu'il te reste comme prise dans sa chair, moi je reste, je me tais, et j'apprends !
Maintenant je te guette dans chacun de ses gestes, dans ses mots et dans son œil et si je t'y vois je te reconnaîtrai. N'imagine pas que tu m'endors ou que je t'oublie dans le soulagement hystérique de nos ébats bestiaux ! Loin de là ! Tu duperie, dissimulation et provocation, et par dessus tout aujourd'hui tu veux ma perte par ta nature ! Non, je n'oublie pas. Si tu cherches à m'atteindre c'est que tu me crains. A ton tour crains mon Nom, car je suis celle qui osera l'utiliser. Je suis le Vide. Tu ne m’atteins pas.

Naïm est venu me parler à nouveau. Nous avons échangé, réfléchis ensemble sur ce que nous avons vu. Nous avons tenté de mettre un semblant d'ordre rationnel dans tous ces éléments de folie. Les zones d'ombres sont larges et opaque, mais déjà, un peu de lumière est faite éclairant l'obscurité qu'il reste encore. L’Œil de la Vigie m'a offert quelque chose de précieux et pour cela, il a toute ma reconnaissance. Je l'aiderai au mieux pour la suite. Il est intelligent et réfléchit bien. Je lui reconnais ses qualités quoi que je ne néglige pas sa nature. Mais peut-on reprocher à un scorpion de piquer ?

Je vais laisser là ma mémoire écrite pour l'instant, je tombe encore de fatigue. Cela fait longtemps que je n'ai pas eu le sommeil paisible et réparateur. Je ne suis pas certaine de me souvenir de la dernière véritable nuit de repos que j'ai prise. Était-ce avant que Chikere ne parte à la Forge ? Non... Bien avant encore. Je crois bien que je n'ai pas pris de véritable repos depuis qu'Amon-Sebek nous a quitté, le Némédien et moi... Cauchemars, souvenirs sordide, folie, angoisse et confusion ont hanté mon sommeil sans relâche pour des raisons si multiples que je ne pourrais les citer toutes ! Cela fait un moment, presque une éternité.

Je suis épuisée ! Si fatiguée que lorsque Gladius est venu me trouver au sujet de son rêve et de l'infâme influence du Chaos Rampant, je me suis presque endormie debout ! Il m'a pris dans ses bras et quand j'ai posé ma tête sur son torse j'ai presque somnolé. C'est lui qui m'a couchée. Je ne me suis réveillée que bien tard le lendemain, le soleil était haut dans le ciel et ma chambre était brûlante. Comme le repos me fuis, je médite. Je prends soin de ma chair et de mon esprit. Je me laisse soigner par ma sœur Xin, et mon esclave docile. Je me prépare aux combats à venir...
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Mer 14 Mar - 21:44
XXIV. Le jour de l’œil ouvert

La mémoire. Qu'est cette mémoire ? C'est un drôle de brouillard. C'est la richesse, c'est tout ce que l'on peut imaginer. C'est aussi le rêve. Le souvenir commence avec la cicatrice, il est le don d'une seconde vie et il succède au geste. Il a le même pouvoir que l'écriture...

Je sens les vertiges du gouffre et le temps qui se mélange sous mes yeux, tout ne fait plus qu'un ! Mes efforts de concentration et mes ancrages ne suffisent plus et je décroche. Pour le moins, je suis toujours capable.

Parlant de signe et d'écriture, parlant de ce qui traverse le temps; la dague d'Ygväsdr est étudiée par le Fils du Chaman. La dague est dédiée au dieu Oiseau de Némédie, Ibis le grand Ennemie du Serpent ! Cet artefact se révèle être un outil d'exorcisme d'une efficacité redoutable et a été arrachée aux mains des fidèles. Mais un dilemme se pose : le besoin de Naïm de posséder cette dague devient impérieux et la nécessité que nous en avons pour terrasser le démon qui préoccupe. J'ignore quelle est la bonne arme et quelle est le bon guerrier. Il me faut plus d'éclairage mais mes dérèglements du temps m’empêchent de réfléchir. Alors qu'on s'interroge, la discorde sévit et le vent souffle. Häxjagare montre son visage tinté d'orgueil et avide du sang des corrompus.  La dague réagit aux serviteurs des dieux extérieurs, Naïm et moi sont mal à l'aise... Je ne doute pas que cette dague tueuse de démons soit redoutable dans les mains du Chasseur ! Je le pousse dans la colère, je veux qu'il renonce ! Il fini par renoncer...

Je m'arrange pour éloigner cet objet de nous : de Naïm, de moi, de lui... Thorgaros l'emporte, vers Morcant. Ygväsdr a mal, il dit qu'il me veut libre et qu'il veut que je décide pour moi-même, qu'il me veut à lui et libre de l'être. Je lui dis qu'on a toujours ce que l'on demande, toujours de la pire des manières, toujours au pire moment ! Il faut se méfier de ce que l'on souhaite. Il a tout, absolument tout ce qu'il veut, tout ce qu'il a exigé. Ma mémoire continue de fuir, je glisse sur le voile de Tawil At'Umr... Depuis le rituel du Passage avec Naïm à la recherche de la mémoire d'Ygväsdr, à la recherche de ses reflets, je glisse dans mon temps et cela s’aggrave. Je vois Ygväsdr qui a ses deux yeux et qui me regarde, en feu qui couve. J'ai même des souvenirs qui ne sont pas à moi. Je vois demain et hier, tout maintenant en dehors du lit du temps. Il assure que Gebo peut aider. Je crois que c'est possible. Il dit qu'il me retient, qu'il ne m’abandonne pas. J'ai foi, je lui confie tout ce que j'ai.

Je me rends aussi -en même temps ?- à la tour de la Vigie voir lOeil de la Vigie mais je l’ai trouvé troublé, perdu égaré. Il apparaît que quelque chose en lui s'oppose à ce qu'il obtienne la dague. Lui-même s 'oppose à lui-même parce qu'on a divisé sa nature ! Quelque chose dans son sang lui a été enlevé par le Ritualiste : séparé, asservit, comme deux humeurs que l'on distingue en alchimie... Je peux faire quelque chose. J'ai lu ses notes et j'ai regardé l'Oeil dessiner dans le carnet alors que le jeune homme est endormi ailleurs dans son esprit. L'Oeil veut être entendu alors j'écoute ! Il faut réunir son essence afin qu'il fort à nouveau : Tout et UN. Le Héraut du Serpent et le Capitaine auront besoin de l’Oeil de la Vigie ! Il n'a pas de souvenir de sa lignée ou de ses parents, il ne reste qu'une chose à faire : lire dans son sang ! L'Oeil dit que la dague et dangereuse qu'il ne doit pas l’obtenir ! Il dit que c'est la chaine autour de leur cou. J'écoute comme j'ai promis ! Je question et j'écoute : " Qui es-tu ? " . "Je suis Celui qui n'est pas Vu, qui désire l'être, et je Vois !"... Naïm doit écouter, cesser de se mentir, cesser de retenir l'Oeil ! Je le pousse à bout il doit entendre ! Il entend ou au moins il doute de son propre orgueil, c'est déjà quelque chose.

Pour établir le calcul de la Lune de Sang je me suis confrontée à un problème : impossible de lire les étoiles. On ne reconnaît rien dans ce ciel étranger et hors du temps. J'en arrive a m'interroger : somme nous seulement sur la terre que nous connaissons et pas à la lumière d'un soleil étranger ? Je ne reconnais ni Xoth, ni Fomalhaut, ni Celaeno, Aldebaran ou Yuggoth. Même la maudite Yag et sa lueur verte restent invisibles ! Impossible d’interpréter ce ciel ! J'ai une idée pour pallier à cela : interroger ceux qui chuchotent dans les ténèbres. Leur connaissances de l'astrologie est étendue mais pas seulement ! Médecine, architechture, sorcellerie... Mais pour cela faudrait-il encore que j me souvienne de comment les appeler ! Faudrait-il encore que je saches ce que cela coûte. Ygväsdr a eu une idée, faire payer Nesiris à ma place. Je suis en bonne voie pour lui faire réaliser l'appel sans moi ! J'ai déjà brossé son orgueil et lustrer son auto satisfaction en l'appelant à l'aide ! J'ai parlé avec elle est elle espère révéler le secret des étoiles avec de simples rites de divination. A cause de ce bracelet il faudra plus que ça. Je l'ai envoyée à la tour des chauve-souris me souvenant de ce qu'avait dit Klahël !

Mes cauchemars sont intenses, je ne suis même pas sûre de dormir et je me sens hantée par des visions de souvenirs mélangés ! Je commence à me souvenir de choses mais tout se déroule en même temps : autant le passé sordide que l'avenir tragique ! Avec eux vient l'horreur des choses oubliées mais elle disparaissent à mon éveil et m'échappent comme je veux les retenir. Je me raccroche à l'homme dans ma peau mais c’est insuffisant contre la force et la puissance du temps ! Foutu bracelet qui rend tout trop cher dans cette terre damnée ! Espérons qu'il aie raison et que Gebo aide...
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